Bobler : le premier media social vocal

Retenez bien ces expressions “Social Vocal Media” ou “Média Social Vocal”, car elles vont devenir une tendance d’ici quelques années. Le précurseur ? Une start-up française qui a créé un concept inédit qui plaira aux institutions culturelles comme aux utilisateurs lambdas (des journalistes, des écrivains, des humoristes…).

Après l’émergence des podcasts, ces enregistrements audio (pour la plupart) des émissions de radio/télé voire des cours académiques, il semble que c’est un format très adapté à la mobilité et à la portabilité. Bobler, notre start-up de cette semaine, s’est basée sur cette tendance tout en innovant son service : elle propose un nouvel outil pour produire et écouter des enregistrements géolocalisés de deux minutes maximum.

Logo Bobler
Logo Bobler

Pour en savoir plus sur ce concept, nous avons rencontré Marc-Antoine Durand, l’un des fondateurs de Bobler.

Analyze Thiz : Pourriez-vous vous présenter et nous présenter Bobler?

Marc-Antoine Durand : Je suis Marc-Antoine Durand, j’ai 24 ans et je suis un ancien élève de Sciences-Po Paris en Affaires publiques. J’ai co-fondé, avec Pierre Brouder qui est aussi un ancien étudiant de Sciences-Po en communication, Bobler, qui est le premier media social vocal. Il permet d’enregistrer et d’écouter des “Bulles” qui sont des messages audios de 2 minutes maximum que l’on localise sur la carte du monde, à l’endroit qui correspond à son propos.

Marc-Antoine Durand et  Pierre Brouder
Marc-Antoine Durand et Pierre Brouder

Comment avez-vous eu l’idée ? 

J’ai travaillé avec Pierre Brouder il y a deux ans chez France Culture à la conception d’une webradio étudiante qui s’appelle aujourd’hui “France Culture +”. Pierre et moi avons travaillé de longs mois pour rechercher les nouvelles tendances et les innovations en matière radiophonique et nous nous sommes rendus compte que l’audio était le format le moins bien exploité sur Internet alors qu’il était le plus adapté aux situations de mobilité et de multitasking. Nous avons donc voulu faire un test après la mission France culture sur des formats audio très courts. Il fallait, pour tester la validité de nos intuitions, créer une premier prototype ou comme on le dit dans le langage des start-up, un Minimum Viable Product. On a donc fondé une première start-up “bobradio.fr” qui était une webradio diffusant des podcasts de deux minutes sur des sujets culturels. On a réussi à atteindre un million de téléchargements en 2 mois et demi grâce à des sujets évènementialisés autour des révisions du bac et surtout à être écoutés à hauteur de 50% depuis un mobile (sans avoir d’application). Nous avons établi un partenariat avec Le Nouvel Observateur et BobRadio était diffusé à la BPI du Centre Pompidou.

Nous avions Bobler en tête depuis près de 2 ans, et, une fois ce prototype réussi, nous avons levé des fonds et commencé la conception de Bobler en septembre 2012. Bobler capitalise sur les deux prochains “drivers” du web qui sont l’audio et la géolocalisation. L’audio apparaît comme le format le plus adapté aux situations de mobilité et c’est celui qui crée, on le sait avec le media radio, le plus de fidélité: il est plus engageant d’entendre quelqu’un plutôt que de lire un texte. Pour ce qui est de la géolocalisation, c’est le nouveau moyen pour trouver un contenu en fonction du lieu où l’on se trouve ou de l’endroit que l’on veut chercher. Nous dépassons vraiment le degré zéro de la géolocalisation et le simple check-in dont l’intérêt est limité, en permettant d’écouter et d’enregistrer des Bulles sur New York, Shangaï ou Bombay. C’est ça qui rend Bobler génial et super enthousiasmant. Avec Bobler, on fait donc une proposition novatrice pour créer une nouvel usage.

Comment voyez-vous l’avenir du Media Social Vocal?

La voix est la prochaine révolution sur internet car c’est le format le plus adapté à la mobilité. Pensez tout simplement aux Google Glass ! D’où l’augmentation depuis quelques années des téléchargements de Podcasts. La musique n’aura plus le monopole dans les écouteurs des gens.

Et puis, tout simplement, nous avons aujourd’hui besoin de plus de proximité, de plus d’humanité dans nos communications. La voix permet réellement de rendre les échanges plus incarnés et beaucoup plus vivants. En écoutant une voix, on peut plus facilement sourire, réagir ou adhérer à une cause. Comme le dit mon associé Pierre Brouder, “ce qui s’écrit n’est pas ce qui se dit”.

Enfin, le dernier élément  c’est que Bobler permet de décoller les yeux de son écran et de regarder ce qu’il y autour de soi, ce qui n’est pas négligeable.

Pourriez-vous nous décrire son fonctionnement?

L’application Bobler n’existe que pour iPhone et uniquement en langue française pour l’instant. Elle est très simple à utiliser : une fois que je suis inscrit, j’appuie sur Rec, j’enregistre mon message et je géolocalise la bulle où je veux dans le monde. Je rajoute par la suite un titre, une photo, une description et à la fin je l’indexe dans un Intérêt (cinéma, art, question, reportage en 2 minutes, etc.). Je peux également la partager sur les autres réseaux sociaux (Facebook et Twitter).

Une fois la Bulle est publiée, elle apparaît sur la carte des personnes qui me suivent. Les autres fonctionnalités de l’application :

  • on peut retrouver une bulle en fonction de sa position en activant le Radar
  • on peut enregistrer une bulle à Paris et la positionner dans un autre endroit,
  • si j’active le radar, la carte m’affiche les bulles des gens que je ne suis pas, dans la zone de la carte (je peux active le radar à New York)
  • on peut enregistrer autant de messages que l’on veut,
  • on peut suivre et être suivi,
  • on peut discuter une Bulle,
  • on peut trouver de nouveaux utilisateurs dans le Top, par Intérêt ou par Hashtag.
Screenshot de l'application
Screenshot de l’application
Screenshot de l'application
Screenshot de l’application
Screenshot de l'application
Screenshot de l’application
Screenshot de l'application
Screenshot de l’application

Qui pourra utiliser Bobler ?

Des journalistes radio, web et papier qui peuvent faire connaitre ce qu’ils veulent dire par la voix. Des écrivains, des politiques, des humoristes, des institutions culturelles et n’importe quelle personne ayant envie d’utiliser Bobler.
Comment peut-on chercher le contenu ?

Le son n’est pas référencé par défaut, pour cela l’utilisateur peut référencer sa bulle par intérêt, par hashtag, et la géolocalisation.

Nous allons intégrer prochainement un outil qui permettra de générer des tags écrits à partir mots dits dans la bulle. Une sorte de la reconnaissance vocale et du tagging sonore.

Quel est votre business model ?

Pour générer l’argent, les réseaux sociaux mettent, pour la plupart, du temps pour être rentable, ils sont formés sur les usages : prenons l’exemple de Twitter et le social TV. Grâce à l’usage de Twitter pour commenter les émissions de télé qu’ils ont décidé de le considérer comme une valeur ajoutée au service et de monétiser.

Donc pour qu’un réseau social soit rentable, il faut un grand volume d’utilisateurs, du contenu et surtout comprendre comment les utilisateurs vont s’emparer de Bobler. En se basant sur ces leviers, on pourra par la suite déterminer réellement le business model. Nous avons un grand nombre de pistes de monetization qu’il s’agit donc de valider en testant.

Avez-vous eu une aide financière ? Avez-vous travaillé dans un incubateur ?

Nous avons effectué une première levée de fonds auprès de business angels.

Nous étions (et sommes toujours) incubés à Sciences-Po Paris qui nous a aidé à trouver des investisseurs et accompagnés dans nos démarches.

Avez-vous déjà des partenaires ou d’utilisateurs?

Plus de 1500 personnes ont déjà ouvert des comptes sur Bobler : des humoristes (Arnaud Demanche), des entrepreneurs (Gilles Babinet), des économistes (Jacques Attali), des critiques gastronomiques (Sébastien Demorand)…

Nous avons déjà tissé de très nombreux partenariats avec des grandes institutions culturelles comme la RMN, le Palais de Tokyo, les Arts Décoratifs, la Gaîté Lyrique (et plein d’autres qui vont arriver comme les Musées de la Ville de Paris). Mais nous voulons garde la surprise entière. Nos partenaires auront leurs Bulles visibles par défaut sur la carte, pas besoin d’abonnement pour les voir sur sa carte. Elles auront des Bulles de couleur bleue.

Avez-vous eu un retour depuis le début de votre activité ?

Nous avons un taux de retour assez important. 70% des utilisateurs reviennent plusieurs fois dans la semaine sur l’application.
De nombreux utilisateurs ont déjà enregistré des Bulles et sont très créatifs !

Quelles sont les prochains axes de développement ?

Nous avons développé un site web (qui sort aujourd’hui). C’est vrai qu’il est plus facile à enregistrer via un smartphone, mais nous allons étudier le taux d’utilisation de la plateforme depuis le site. En revanche, il sera très ergonomique et facile à utiliser et les utilisateurs pourront charger des sons déjà enregistrés sur leurs pc. Je pense ici aux musiciens et aux professionnels du son comme les radios.

Nous allons développer aussi une fonction d’intégration à d’autres sites web, une API et un player.

Merci Marc-Antoine pour cette interview et bonne continuation.

La bulle de présentation de Bobler sur la page d’Analyze Thiz.

Vous retrouverez Bobler sur :

“Pote Emploi” recherche des potes !

D’habitude, nous interviewons dans cette rubrique des startups qui visent à rentabiliser financièrement leurs projets, mais aujourd’hui, Analyze Thiz va vous présenter un projet social qui nous a touchés.

Trois étudiants en dernière année d’école de commerce, de gestion et de sciences politiques, avaient créé le projet “Pote Emploi“. Objectif : favoriser la mixité sociale, l’échange entre les jeunes en recherche d’emploi et des “potes” experts qui peuvent aider ces derniers dans leurs démarches. Une activité extrascolaire pour ces trois acolytes qui misent sur l’utilité sociale de leur projet.

Nous avons rencontré Antoine Chatelain, l’un des trois co-fondateurs pour nous parler un peu plus de Pote Emploi.

Logo Pote Emploi
Logo Pote Emploi

Analyze Thiz : Bonjour Antoine, pourriez-vous vous présenter et nous présenter Pote- Emploi ?
Antoine Chatelain : Je suis en dernière année de Sciences-Po et j’ai créé, avec Juliette Robert (HEC) et Félicie Robert (ESG), une plateforme d’échange et d’entraide entre jeunes pour améliorer l’insertion professionnelle : sur notre site, le jeune est mis en contact avec des “potes” disponibles pour l’aider dans ses démarches et répondre à ses questions. Ces “potes” peuvent être des étudiants, des jeunes diplômés ou des jeunes qui sont déjà en poste.

C’est une initiative personnelle et un projet à but non lucratif, avec un vrai engagement sur l’égalité des chances et la mixité sociale. Par notre site, on cherche notamment à cibler plus spécifiquement les jeunes défavorisés et sans diplômes qui cherchent un emploi.

Nous l’avons lancé à côté de nos études et il a eu le soutien de nos écoles.

Capture du teaser de Pote Emploi
Capture du teaser de Pote Emploi

Comment avez-vous eu l’idée ? Et pourquoi?
Nous avons commencé à penser à ce projet au début de l’année. L’insertion professionnelle des jeunes est difficile en ce moment et encore plus pour ceux qui n’ont pas ou peu de diplômes diplômés.

Partant du principe que le réseau est un enjeu important, nous avons créé Pote Emploi pour aider ceux qui manquent de réseau. Pote Emploi, ce n’est donc rien d’autre qu’un réseau pour chercher un boulot.
Concrètement, cette plateforme que nous créons peut aider à rédiger un CV par exemple, à trouver une information sur un métier précis ou un type d’études, où à se faire accompagner dans ses démarches administratives auprès d’un organisme publique… et tout cela dans un cadre informel et convivial. Et même si la rencontre entre les deux personnes ne débouchera pas sur un emploi, elle leurs permettra néanmoins d’avoir la chance de se rencontrer et d’échanger. D’où la dimension de la mixité sociale.

Comment la plateforme fonctionne-t-elle ? Quel est le processus ?
Les personnes intéressées pour donner bénévolement de l’aide doivent d’abord s’inscrire sur la plateforme, devenant des « potes ». Lors du lancement officiel du site en septembre prochain, on leur demandera de compléter leurs profils : ils doivent préciser en quoi ils sont prêts à aider (le secteur d’activité), le type d’études effectué, les outils (CV, LM), et leur degré d’engagement (être contacté une ou plusieurs fois par mois).

Les personnes qui demandent de l’aide vont devoir compléter quasiment le même profil. Prenons l’exemple d’un développeur web en recherche d’emploi et qui a besoin d’aide pour mieux rédiger et valoriser son CV, Pote Emploi va contacter deux ou trois “potes” qui correspondent à son profil selon certains mots clés et qui pourront le contacter via la plateforme (système de messagerie interne). Cet échange pourra évoluer par des sessions Skype, voire des rencontres physiques. L’aide pourrait aussi se porter sur une recherche d’informations sur un métier précis ou sur un organisme (les démarches pour s’inscrire à Pôle Emploi par exemple) ou sur un type d’étude.


Bref, on a créé Pote emploi par Pote_emploi

Quels sont les services proposés ?
La plupart de nos services se concentrent sur les conseils, le coaching et le partage d’expérience.

Une autre particularité aussi, le profil rempli sert à aider et à être aider. La personne qui demande de l’aide pourrait être un jour sollicitée à son tour en tant que “pote” pour aider une autre personne.

Nous fidélisons nos “potes” via un système de notation (avoir les feedbacks des utilisateurs) et via la mise en place d’un classement des “meilleurs potes” qui concerne les personnes les plus actives sur la plateforme.

Avez-vous eu une aide financière ?
Non mais nous sommes bien entourés : une équipe d’étudiants d’Hetic, une école en informatique, où l’on a soumis notre idée comme projet de fin d’études, nous accompagne dans notre projet. Ils développement la plateforme depuis 5 mois. Nos écoles nous aident aussi et ont mis à notre disposition des locaux et des ressources.

Nous allons organiser, en partenariat avec des BDE, une soirée le vendredi 17 mai dont tous les bénéfices iront à Pote-Emploi. Cet argent va être investi pour embaucher une personne dès l’année prochaine qui pourra animer notre communauté de « Potes ». On postule également pour des bourses.

Avez-vous déjà des partenaires ?
Oui, avec nos écoles, des BDE et plusieurs associations engagées sur les thématiques d’égalité des chances et d’entrepreneuriat. Nous cherchons également à créer des partenariats avec des associations de terrain qui s’occupent de l’insertion de jeunes afin de nous faire connaître et pour promouvoir leurs activités sur notre site.

On s’est rapproché aussi de Pôle Emploi. D’abord pour avoir l’autorisation d’utiliser un nom proche du leur et également pour envisager dans l’avenir un partenariat.

Quelles sont les prochains axes de développement ?
Nous allons améliorer la section de réorientation vers d’autres sites et organismes qui existent déjà et qui peuvent aussi apporter une aide complémentaire à celle qu’on offre sur pote-emploi.fr. Nous souhaiterions également mettre en place des outils faits par des “potes”, par exemple des guides sur comment se préparer à un entretien ou comment rédiger un CV…

 Un dernier mot?

Pour tout “pote” intéressé par ce projet et qui aimerait aider une autre personne, je l’invite à s’inscrire sur le site http://www.pote-emploi.fr/

Merci Antoine pour cette interview.

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