From Here to Now to You: sea, surf and sun

Mardi 17 septembre, l’été est déjà loin. Le Concordia s’est relevé, et GTA V est officiellement en vente. C’est aussi le jour choisi par Jack Johnson, Hawaïen de 38 ans, ex-futur champion de surf, reconverti artiste, pour sortir son 6e album, From Here to Now to You. Après écoute, l’été ne me semble plus si loin finalement.

Aussi bon que ses prédécesseurs

La guitare est la base des compositions de Jack Johnson.

Avant de se concentrer sur les morceaux, mieux vaut reprendre par le début. Le jeune Jack, fils d’un pionnier du surf, semble promis à une belle carrière professionnelle sur sa planche. Une violente chute contre un récif l’amène à réfléchir. Il s’éloigne du haut niveau, et se consacre à des études de cinéma. Dans le même temps, Jack touche de plus en plus à la gratte, et se met même à composer. Tout doucement, il se forge une petite réputation, et, une fois diplômé, se consacre à un film sur le surf, Thicker Than Water, dont il réalise la bande-son. Tout s’accélère, Jack devient papa, sa musique plaît à ses amis, dont un certain Ben Harper, et en 2001, il sort finalement Brushfire Fairytales. Les ventes aux Etats-Unis dépassent le million en moins d’un an. Et dire que Jack ne se voyait pas musicien. Douze ans plus tard, From Here to Now to You est donc son 6e album.

En 12 titres et 41 minutes, Jack Johnson m’a convaincu. Oui, From Here to Now to You est aussi bon que ses prédécesseurs. Oui, Jack maîtrise les sonorités acoustiques comme personne, et oui, j’ai envie de me mettre au surf maintenant. I Got You, premier titre, ouvre délicatement l’album. Comme d’habitude, Jack et sa guitare assurent le boulot. On perçoit aussi que sa voix est doublée: l’une grave, l’autre plus aiguë, et le tout se laisse très bien écouter. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’il s’agit du premier single. Washing Dishes, second titre, est bien plus entraînant. Premier coup de cœur. Shot Reverse Shot se veut de la même trempe. Les rythmes sont variés, et la voix de Jack Johnson entêtante. Never Fade se pose en balade pour les amoureux. Les paroles sont on ne peut plus clair: <<It feels good to be the one, that you want, when all I want is you>>. Cinquième titre, Tape Deck, raconte comment lui et ses amis ont montés un groupe plutôt bancal, avec une guitare à 50$ et un batteur qui ne sait pas jouer. Là encore, il s’agit d’un de ses morceaux les plus énergiques – si j’ose dire. Deuxième coup de cœur. Un sixième morceau, qui passe un peu plus inaperçu que les précédents. As I Was Saying, en numéro sept, se révèle être une autre de ces ballades caractéristiques de l’Hawaïen, douce, tout comme You Remind Me Of You, le morceau suivant. Le deuxième single, Radiate, n’est pas le titre le plus marquant, mais cela ne signifie pas qu’il faut le zapper. Nouvelles balades des plus calmes, avec Ones And Zeros et Change où les accords de guitare sont mis à l’honneur. From Here to Now to You se conclut sur la chanson Home, dernière balade entraînante sur la nature. Énième preuve que l’ancien surfeur se soucie de l’environnement.

Au final, From Here to Now to You se révèle être un album d’une grande qualité. Jack Johnson, comme à l’accoutumée, parvient à nous faire voyager par-delà les mers, jusqu’à son île natale, le tout à l’aide de quelques accords et de sons acoustiques. En cette froide rentrée, on s’imagine allègrement prendre un bain de soleil, en attendant qu’une vague nous emmène plus loin.

Rage Against The Machine, vingt ans déjà !

Le 3 Novembre 1992 paraissait ”Rage Against The Machine”, premier album du groupe éponyme. Pour fêter dignement l’évènement  le groupe fait paraître une réédition du mythique album, comportant des inédits de leur tout premier concert en 1991, de leur passage au Finsbury Park à Londres en 2010, mais aussi du mythique album remastérisé ainsi que de nombreux bonus que les fans sauront apprécier. Mais au-delà de l’aspect collector, intéressons-nous un peu plus au groupe et ce que les ”Rage” ont réalisés depuis leurs débuts.

visuel de l'album Rage Against the Machine
visuel de l’album Rage Against the Machine

Né dans le refus du système

Composé de Zack de La Rocha au chant, Tom Morello à la guitare, Tim Commerford à la basse et Brad Wilk, le groupe est connu pour son opposition farouche au gouvernement américain et au système capitaliste. Le groupe transmet par sa musique son sentiment de révolte et sa non-adhésion au système, dénonçant les maux qui rongent son pays, les Etats-Unis : ”Compromise, conformity, assimilation, submission, ignorance, hipocrisy, brutality the elite” (fin de Know Your Enemy). Littéralement traduit par ”rage envers le système”, cette virulence dans le nom du groupe se retrouve aussi  dans les textes très appuyés et engagés de De La Rocha, que l’on retrouve au fil des albums à hurler jusqu’à l’extinction de voix, particulièrement sur les titres Wake Up, ou Snakecharmer (sur l’album ”Evil Empire”), c’est d’ailleurs ses textes rapés et son énergie qui provoquent – entre autre – le succès du groupe.

Les riffs de guitare de Tom Morello, qui use sur la majorité des titres des pédales à effet, impriment une sonorité inédite aux productions des Rage Against The Machine, Tim Commerford et Brad Wilk complétant à merveille ce quatuor, amenant leurs influences funks et jazz dans les compositions. Autre fait intéressant, le groupe a choisi d’illustrer la pochette de son album par une célèbre photographie de Malcolm Browne, photographe récompensé du prix Pulitzer en 1964. Cette photographie représente un moine bouddhiste, Thich Quang Duc, s’immolant par le feu pour protester contre le régime sud-vietnamien de l’époque qui oppressait les pratiquants de la religion. Le choix de cette photographie repose sur la volonté du groupe de dénoncer l’impérialisme américain, tant par les textes de De La Rocha que le visuel de l’album.

Le groupe, en plus d’être aujourd’hui un incontournable du mouvement Fusion, entre le metal et le rap, en est également l’un des précurseurs, et c’est grâce à ”Rage Against The Machine” qu’il lance le mouvement. Si ces musiciens d’un nouveau genre ne sont pas les premiers à s’orienter vers ce style musical, c’est à eux que revient le mérite d’avoir définitivement lancé le genre dans les années 90’s, mouvement que d’autres ont suivis depuis : Linkin Park, Limp Bizkit, ou encore Enhancer pour ne citer que les plus connus.

Un album mythique

Dix titres, dix titres qui allient textes engagés, riffs endiablés et rythmes funks, une colère et un engagement brute de la part des membres du groupe. De Bombtrack, morceau explosif qui ouvre le disque, en passant par l’incontournable Killing In The Name, au rythme déchaîné et enfin le fameux ”Fuck yo’ I won’t do what ya’ tell me” qui a permis à l’album de s’imposer en Europe. Ce dernier titre est pour le grand public considéré comme la locomotive de l’album, et c’est effectivement difficile à contredire : aujourd’hui le riff est connu de tous, la chanson a d’ailleurs été reprise dans différents jeu comme Guitar Hero ou Grand Theft Auto.

L’album comporte deux morceaux plus heavy, Settle For Nothing et Fistful Of Steel (respectivement quatrième et huitième titres de l’album) , plus lents qui donnent une impression de coupure par rapport aux autres morceaux. Bullet In The Head, clame haut et fort que le gouvernement ment aux citoyens et qu’il ne faut surtout pas le croire. Zack de La Rocha se lâche littéralement sur ce morceau en hurlant plusieurs fois la phrase ”A bullet in your head” tandis que Brad Wilk accélère sensiblement les percussions à la batterie.

Puis vient Wake Up, aujourd’hui  très connu grâce à son intégration dans le générique de fin du film ”Matrix” des frères Wachowski, même si la chanson n’en reste pas moins excellente, tant dans les paroles (qui font référence à Martin Luther King) qu’au riff de Tom Morello s’alternant avec l’interminable cri de De La Rocha à la fin de la chanson. Dernier titre, Freedom, est un cri de soutien à Léonard Peltier, enfermé pour des crimes qu’il n’aurait pas commis, et cri de Zach de La Rocha tout court qui vient magistralement conclure l’album. Cet opus a d’ailleurs été reconnu par le magazine Rolling Stone comme le 365e meilleur album de tout les temps.

La reformation du groupe

En 2007, les quatre membres se sont retrouvés pour le festival Californien Coachella, l’occasion de jouer à nouveau ensemble après sept ans de séparation, la faute à Zack de La Rocha qui souhaitait se tourner vers une carrière personnelle et ne pensait plus pouvoir faire quelque chose de bien au sein du groupe. Ils enchaînent les festivals et continuent à se produire ensemble lors de concerts dans plusieurs villes aux États-Unis et dans le reste du monde, incluant entre autre un passage à Bercy. Mais alors que les concerts vont, des rumeurs de retour en studio pour un nouvel album circulent sur la toile, les membres du groupe mettent un terme à ces bruits, estimant qu’aujourd’hui de concert qu’ils n’étaient pas pour un nouvel opus. Fin des rumeurs.

Il n’en reste pas moins que le groupe est toujours d’actualité, tous ses albums studios ayant été certifiés ”platinum” (ou plus) aux États-Unis, vendus à plus d’un million d’exemplaires chacun. Désormais, les fans – moi compris ! – attendent patiemment qu’il revienne au groupe l’envie de produire un nouvel album. Dans le cas contraire, la réédition de ”Rage Against The Machine” et les inédits que l’on peut trouver, nous contenterons.

Pour les curieux, cliquez ici pour découvrir le clip de Bombtrack, titre d’ouverture de l’album

Coup 2 Crosse dans vos oreilles !

L’album tant attendu cet été des 4 DJ Nantais du groupe Coup 2 Crosse (C2C) est enfin sorti début septembre. “Tetra” -c’est son nom- renouvelle le genre électro, pour le plus grand plaisir de nos oreilles, et près d’un mois après sa sortie, l’album connaît déjà un grand succès : que peut-on en retenir ?

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Nine&Uzzo sous le rythme du tempo

Depuis  2009, Nine&Uzzo,  jeune duo guitare-voix, qui se compose de Ninon  chanteuse et de Dinh  guitariste, ne cesse de gravir les échelons dans le monde de la musique. Ils se révèlent auteurs-compositeurs interprètes ; Amoureux des mots disent-ils, ce milieu leur colle à la peau. Vous pouvez désormais découvrir leur univers pop, folk et variétés sur leur myspace.

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