Les différentes sources de financement des start-ups

L’une des étapes les plus périlleuses pour les entrepreneurs est de trouver du financement pour démarrer leurs activités. Cette étape est cruciale surtout s’ils n’ont pas d’apport personnel pour financer et soulager la trésorerie de départ et les investissements immatériels qui servent principalement à financer les outils  marketing et de communication, à effectuer des études, à créer un prototype, à créer l’entreprise…etc. Cette étape si difficile peut paraître cauchemardesque pour le nouvel entrepreneur qui débarque dans un nouveau monde pleins d’obstacles surtout qu’elle doit être accompagnée d’un business plan solide et bien rédigé, d’un plan de financement bien détaillé et l’entrepreneur doit tenir, devant les acteurs de ces sources, un pitch (discours) bien équilibré entre la finance et le commercial.

La complexité de cette étape ne se repose pas seulement sur la source de financement, mais elle dépend aussi de plusieurs facteurs tels que le projet lui-même, sa faisabilité et son stade du développement. La recherche des fonds n’est pas uniquement destinée au début de la création de la start-up mais va l’accompagner tout au long de son cycle de l’amorçage à la sortie en passant par la croissance.

Dans  le cycle de vie d’une start-up, on distingue 6 stades de développement :

Cycle de vie d'une startup
Cycle de vie d’une startup
  • L’idée : fructifier l’idée du projet et effectuer quelques études
  • Le développement (l’amorçage): création de l’entreprise, prototypage et effectuer des études poussées
  • La croissance : recrutement et production à échelle commerciale
  • La maturité : expansion et dépense R&D
  • Le déclin : recherche des nouveaux marchés et innovations
  • La sortie : rachat par une autre entreprise ou sortir du marché
Il existe différents recours que l’entrepreneur peut exploiter pour trouver du fond et de l’aide nécessaires pour financer son projet. Nous n’allons pas détailler les démarches administratives pour pouvoir bénéficier de chaque recours; démarches qui peuvent être différentes selon les start-ups, le fond demandé, la source et bien sûr la constitution et le dépôt des dossiers qui se font cas par cas. Nous nous contentons, en revanche, de vous présenter les différents recours que chaque entrepreneur peut prendre en considération lors du besoin.
Pour chacune des parties du cycle de vie de la start-up, il existe un type de financement spécifique et qui régit aussi la relation entre le prêteur du capital et la société :
  • L’idée : apport personnel, love money, crowfunding
  • Le développement (l’amorçage) : apport personnel, love money, business angel, aides gouvernementales
  • La croissance : investisseurs, business angel, actionnariat
  • La maturité : investisseurs
  • Le déclin : investisseurs
  • La sortie : investisseurs

Sources de financement

Les sources de financement en détails :
  • Apport personnel : crédit bancaire à moyen terme ou love money des proches et effectuer une demande de crédit en ligne. Souvent les prêteurs ne participent pas dans le capital comme des actionnaires et n’exigent pas un remboursement. Sauf, dans le cas du crédit bancaire où il est nécessaire d’avoir une garantie ou une caution personnelle. Certaines banques proposent des crédits spécifiques à ce stade avec un taux de remboursement très bas.
  • Crowdfunding : ou le financement participatif “est un mécanisme de financement innovant qui permet de récolter des fonds auprès d’un large public en vue de financer un projet créatif ou entrepreneurial qui fonctionne le plus souvent via Internet. Il existe trois grandes catégories de plateformes de financement selon que celles-ci sont basées sur des dons, des prêts ou des investissements en fonds propres.” C’est une nouvelle tendance qui a émergé depuis quelques années et il existe différentes plateformes. L’entrepreneur fait appel à la générosité des petits investisseurs qui croient à son projet et lui prêtent une petite somme d’argent. Le montant est souvent limité et les plateformes exigent des garanties de la part de l’entrepreneur et de la faisabilité de son projet. Le cabinet d’audit Deloitte estime que les sites mondiaux du crowdfunding vont lever 3 milliards de dollar américain en 2013, le double de ce qui a été fait en 2011!
  • Aides gouvernementales : décernées par les collectivités territoriales et les organismes publiques tels que OSEO, les différentes pépinières et incubateurs publiques rattachés à des universités et des centres de recherches. Ils proposent des aides financières directes ou proposent de mettre en relation les jeunes entrepreneurs avec des prêteurs et se portent garant. On peut citer Scientipôle Initiative, Paris Innovation Amorçage (PIA), Prêt participatif d’amorçage (PPA), Prêt à la création d’entreprise (PCE), bourse des collectivités territoriales,  financements de coopération européens et internationaux… Ces organismes n’entrent pas dans les capitaux des start-ups. Les modalités pour bénéficier de ces aides sont souvent lourdes et longues. Il faut s’y prendre très tôt pour y postuler.
  • Business angels : sont souvent des anciens entrepreneurs, des cadres dirigeants d’entreprises ou tout simplement des personnes riches qui souhaitent investir leurs patrimoines dans des jeunes sociétés pour réduire leurs impôts et pour transmettre le savoir aux jeunes entrepreneurs. Ils ont le rôle d’un mentor ou d’un coach et mettent à leurs dispositions leurs expériences, leurs compétences et leurs réseaux en les accompagnants et en leur ouvrant leurs carnets d’adresse. A cause du grand risque qu’ils peuvent encourir, ils exigent souvent d’entrer en capital pour (espérer) avoir un gain. D’autres se contentent de prêter l’argent avec un remboursement échelonné sur plusieurs années.
  • L’actionnariat (investisseur autonome) : l’entrepreneur peut rendre son entreprise publique et effectue des levées de fonds auprès des actionnaires qui souscrivent au capital de la société. Cette dernière doit avoir une certaine notoriété et une croissance financière durant les années qui précédent cette augmentation du capital.
  • Investisseurs : sont des personnes physiques ou morales qui investissent sur les marchés financiers où directement dans le capital des sociétés pour lui apporter un capital conséquent souvent >500k€. Certains sont spécialisés dans un secteur donné (domaine de santé, aérospatiale, chimie…), ou dans un stade de développement de la start-up (amorçage, croissance, s’ouvrir sur un autre marché). Ils peuvent être des capitaux risques, des fonds d’investissement, des investisseurs privés ou de société de l’état.
Les differentes sources pour financer une startup
Les differentes sources pour financer une startup

Aides gouvernementales

A côté de ces sources de financements, on peut retrouver aussi des dispositifs gouvernementaux et des mesures fiscales qui aident les jeunes entrepreneurs à développer leurs capitaux de départ et à réduire leurs impôts :

  • Jeune Entreprise Innovante (JEI) : un statut fiscal pour bénéficier des exonérations des charges patronales
  • Crédit Impôt Recherche (CIR) : une partie de l’impôt sur la société sera reversée à l’entreprise en tant que CIR
  • S’implanter dans une zone franche urbaine offre des exonérations de l’impôt sur les bénéfices pendant cinq ans et sur les impôts locaux sur une durée déterminée par la région
  • Aide à l’embauche ou allègements de cotisations sociales
De plus OSEO propose un service d’aide aux financements bancaires :
  • Prêt à la création d’entreprise (PCE)
  • Garantie Création
  • Financement des créances professionnelles : Avance+
  • Biotech Garantie
  • Garantie de caution sur projets innovants
Les financements bancaires OSEO
Les financements bancaires OSEO

S’entourer des experts

Les solutions pour financer son projet sont nombreuses et peuvent paraître complexes pour l’entrepreneur. La meilleure façon d’affronter cette étape et de connaître tous les avantages, les démarches et les aides qui peut en bénéficier est d’être entouré par les bonnes personnes qui peuvent lui porter conseil. Elles peuvent également lui aider à surmonter la difficulté des démarches, à remplir et constituer les dossiers et à avoir les contacts nécessaires…

L’entrepreneur peut trouver ces personnes expertes dans les pépinières, les chambres de commerce, les espaces co-working, les incubateurs, les réseaux Initiatives France, Réseau Entreprendre, France Active…etc. Il peut même, s’il avait prévu son coût, engager une société de conseil spécialisée dans le financement des projets qui peut lui trouver le ou les bonnes sources. De plus, l’entrepreneur peut, dans certains cas, cumuler plusieurs aides.

Participer à des concours

La dernière solution pour l’entrepreneur est de participer à des concours organisés par des associations ou des fondations qui peuvent lui délivrer les fonds nécessaires en cas de réussite.

Enfin, l’entrepreneur ne doit pas sous-estimer l’étape du financement et il doit la considérer aussi importante que le projet lui-même.

Avoir les bons interlocuteurs et participer à plusieurs recours lui permettent d’augmenter ses chances d’avoir un ou plusieurs fonds.

Sources : OSEO, EcoRéseau, Deloitte TMT Predictions 2013

Bobler : le premier media social vocal

Retenez bien ces expressions “Social Vocal Media” ou “Média Social Vocal”, car elles vont devenir une tendance d’ici quelques années. Le précurseur ? Une start-up française qui a créé un concept inédit qui plaira aux institutions culturelles comme aux utilisateurs lambdas (des journalistes, des écrivains, des humoristes…).

Après l’émergence des podcasts, ces enregistrements audio (pour la plupart) des émissions de radio/télé voire des cours académiques, il semble que c’est un format très adapté à la mobilité et à la portabilité. Bobler, notre start-up de cette semaine, s’est basée sur cette tendance tout en innovant son service : elle propose un nouvel outil pour produire et écouter des enregistrements géolocalisés de deux minutes maximum.

Logo Bobler
Logo Bobler

Pour en savoir plus sur ce concept, nous avons rencontré Marc-Antoine Durand, l’un des fondateurs de Bobler.

Analyze Thiz : Pourriez-vous vous présenter et nous présenter Bobler?

Marc-Antoine Durand : Je suis Marc-Antoine Durand, j’ai 24 ans et je suis un ancien élève de Sciences-Po Paris en Affaires publiques. J’ai co-fondé, avec Pierre Brouder qui est aussi un ancien étudiant de Sciences-Po en communication, Bobler, qui est le premier media social vocal. Il permet d’enregistrer et d’écouter des “Bulles” qui sont des messages audios de 2 minutes maximum que l’on localise sur la carte du monde, à l’endroit qui correspond à son propos.

Marc-Antoine Durand et  Pierre Brouder
Marc-Antoine Durand et Pierre Brouder

Comment avez-vous eu l’idée ? 

J’ai travaillé avec Pierre Brouder il y a deux ans chez France Culture à la conception d’une webradio étudiante qui s’appelle aujourd’hui “France Culture +”. Pierre et moi avons travaillé de longs mois pour rechercher les nouvelles tendances et les innovations en matière radiophonique et nous nous sommes rendus compte que l’audio était le format le moins bien exploité sur Internet alors qu’il était le plus adapté aux situations de mobilité et de multitasking. Nous avons donc voulu faire un test après la mission France culture sur des formats audio très courts. Il fallait, pour tester la validité de nos intuitions, créer une premier prototype ou comme on le dit dans le langage des start-up, un Minimum Viable Product. On a donc fondé une première start-up “bobradio.fr” qui était une webradio diffusant des podcasts de deux minutes sur des sujets culturels. On a réussi à atteindre un million de téléchargements en 2 mois et demi grâce à des sujets évènementialisés autour des révisions du bac et surtout à être écoutés à hauteur de 50% depuis un mobile (sans avoir d’application). Nous avons établi un partenariat avec Le Nouvel Observateur et BobRadio était diffusé à la BPI du Centre Pompidou.

Nous avions Bobler en tête depuis près de 2 ans, et, une fois ce prototype réussi, nous avons levé des fonds et commencé la conception de Bobler en septembre 2012. Bobler capitalise sur les deux prochains “drivers” du web qui sont l’audio et la géolocalisation. L’audio apparaît comme le format le plus adapté aux situations de mobilité et c’est celui qui crée, on le sait avec le media radio, le plus de fidélité: il est plus engageant d’entendre quelqu’un plutôt que de lire un texte. Pour ce qui est de la géolocalisation, c’est le nouveau moyen pour trouver un contenu en fonction du lieu où l’on se trouve ou de l’endroit que l’on veut chercher. Nous dépassons vraiment le degré zéro de la géolocalisation et le simple check-in dont l’intérêt est limité, en permettant d’écouter et d’enregistrer des Bulles sur New York, Shangaï ou Bombay. C’est ça qui rend Bobler génial et super enthousiasmant. Avec Bobler, on fait donc une proposition novatrice pour créer une nouvel usage.

Comment voyez-vous l’avenir du Media Social Vocal?

La voix est la prochaine révolution sur internet car c’est le format le plus adapté à la mobilité. Pensez tout simplement aux Google Glass ! D’où l’augmentation depuis quelques années des téléchargements de Podcasts. La musique n’aura plus le monopole dans les écouteurs des gens.

Et puis, tout simplement, nous avons aujourd’hui besoin de plus de proximité, de plus d’humanité dans nos communications. La voix permet réellement de rendre les échanges plus incarnés et beaucoup plus vivants. En écoutant une voix, on peut plus facilement sourire, réagir ou adhérer à une cause. Comme le dit mon associé Pierre Brouder, “ce qui s’écrit n’est pas ce qui se dit”.

Enfin, le dernier élément  c’est que Bobler permet de décoller les yeux de son écran et de regarder ce qu’il y autour de soi, ce qui n’est pas négligeable.

Pourriez-vous nous décrire son fonctionnement?

L’application Bobler n’existe que pour iPhone et uniquement en langue française pour l’instant. Elle est très simple à utiliser : une fois que je suis inscrit, j’appuie sur Rec, j’enregistre mon message et je géolocalise la bulle où je veux dans le monde. Je rajoute par la suite un titre, une photo, une description et à la fin je l’indexe dans un Intérêt (cinéma, art, question, reportage en 2 minutes, etc.). Je peux également la partager sur les autres réseaux sociaux (Facebook et Twitter).

Une fois la Bulle est publiée, elle apparaît sur la carte des personnes qui me suivent. Les autres fonctionnalités de l’application :

  • on peut retrouver une bulle en fonction de sa position en activant le Radar
  • on peut enregistrer une bulle à Paris et la positionner dans un autre endroit,
  • si j’active le radar, la carte m’affiche les bulles des gens que je ne suis pas, dans la zone de la carte (je peux active le radar à New York)
  • on peut enregistrer autant de messages que l’on veut,
  • on peut suivre et être suivi,
  • on peut discuter une Bulle,
  • on peut trouver de nouveaux utilisateurs dans le Top, par Intérêt ou par Hashtag.
Screenshot de l'application
Screenshot de l’application
Screenshot de l'application
Screenshot de l’application
Screenshot de l'application
Screenshot de l’application
Screenshot de l'application
Screenshot de l’application

Qui pourra utiliser Bobler ?

Des journalistes radio, web et papier qui peuvent faire connaitre ce qu’ils veulent dire par la voix. Des écrivains, des politiques, des humoristes, des institutions culturelles et n’importe quelle personne ayant envie d’utiliser Bobler.
Comment peut-on chercher le contenu ?

Le son n’est pas référencé par défaut, pour cela l’utilisateur peut référencer sa bulle par intérêt, par hashtag, et la géolocalisation.

Nous allons intégrer prochainement un outil qui permettra de générer des tags écrits à partir mots dits dans la bulle. Une sorte de la reconnaissance vocale et du tagging sonore.

Quel est votre business model ?

Pour générer l’argent, les réseaux sociaux mettent, pour la plupart, du temps pour être rentable, ils sont formés sur les usages : prenons l’exemple de Twitter et le social TV. Grâce à l’usage de Twitter pour commenter les émissions de télé qu’ils ont décidé de le considérer comme une valeur ajoutée au service et de monétiser.

Donc pour qu’un réseau social soit rentable, il faut un grand volume d’utilisateurs, du contenu et surtout comprendre comment les utilisateurs vont s’emparer de Bobler. En se basant sur ces leviers, on pourra par la suite déterminer réellement le business model. Nous avons un grand nombre de pistes de monetization qu’il s’agit donc de valider en testant.

Avez-vous eu une aide financière ? Avez-vous travaillé dans un incubateur ?

Nous avons effectué une première levée de fonds auprès de business angels.

Nous étions (et sommes toujours) incubés à Sciences-Po Paris qui nous a aidé à trouver des investisseurs et accompagnés dans nos démarches.

Avez-vous déjà des partenaires ou d’utilisateurs?

Plus de 1500 personnes ont déjà ouvert des comptes sur Bobler : des humoristes (Arnaud Demanche), des entrepreneurs (Gilles Babinet), des économistes (Jacques Attali), des critiques gastronomiques (Sébastien Demorand)…

Nous avons déjà tissé de très nombreux partenariats avec des grandes institutions culturelles comme la RMN, le Palais de Tokyo, les Arts Décoratifs, la Gaîté Lyrique (et plein d’autres qui vont arriver comme les Musées de la Ville de Paris). Mais nous voulons garde la surprise entière. Nos partenaires auront leurs Bulles visibles par défaut sur la carte, pas besoin d’abonnement pour les voir sur sa carte. Elles auront des Bulles de couleur bleue.

Avez-vous eu un retour depuis le début de votre activité ?

Nous avons un taux de retour assez important. 70% des utilisateurs reviennent plusieurs fois dans la semaine sur l’application.
De nombreux utilisateurs ont déjà enregistré des Bulles et sont très créatifs !

Quelles sont les prochains axes de développement ?

Nous avons développé un site web (qui sort aujourd’hui). C’est vrai qu’il est plus facile à enregistrer via un smartphone, mais nous allons étudier le taux d’utilisation de la plateforme depuis le site. En revanche, il sera très ergonomique et facile à utiliser et les utilisateurs pourront charger des sons déjà enregistrés sur leurs pc. Je pense ici aux musiciens et aux professionnels du son comme les radios.

Nous allons développer aussi une fonction d’intégration à d’autres sites web, une API et un player.

Merci Marc-Antoine pour cette interview et bonne continuation.

La bulle de présentation de Bobler sur la page d’Analyze Thiz.

Vous retrouverez Bobler sur :

Start-up : pourquoi effectuer un benchmark?

Nous avons vu, dans notre précédent article, la bonne stratégie et les bonnes pratiques pour créer une startup. Petit rappel du cycle de vie d’une startup :

Cycle de vie d'une startup
Cycle de vie d’une startup
Post-it des différentes parties de la création :
Les différentes étapes pour créer une startup
Les différentes étapes pour créer une startup
Pour pouvoir répondre à chacune de ces parties, il existe plusieurs outils pour aider l’entrepreneur à créer sa start-up. Le but de cet article est de vous présenter un outil performant qui permet de parcourir transversalement le processus cité ci-dessus.
Cet outil c’est le “Benchmarking“. C’est une technique de mesure de performances en se basant sur des indicateurs. Celà consiste à étudier et à analyser plusieurs éléments, les comparer entres-eux pour en garder le meilleur.
Beaucoup d’entrepreneurs l’utilisent avec beaucoup de légèreté et sous-estiment ses performances. Il s’agit pourtant d’un outil puissant qui fait vivre certains cabinets qui en sont spécialisés !
Pour réussir un benchmark, il faut être le plus objectif possible. C’est difficile, certes, et pour celà, il faut poser, dès le départ, certaines hypothèses pour assurer la meilleure objectivité :
  1. Mon idée n’est pas innovante
  2. Il existe au moins un concurrent 
  3. Choisir les bons indicateurs
    1. La part du marché de mes concurrents
    2. Les points forts de mes concurrents
    3. L’équipe management de mes concurrents
    4. Les points faibles de mes concurrents 
    5. Mon projet VS celui des concurrents 
    6. Les besoins des clients
  4. Soyez créatifs

1. Mon idée n’est pas innovante

On peut avoir une idée super innovante qui peut être un algorithme ou un processus chimique/biologique pour créer une nouvelle molécule qui vaut un prix Nobel et le droit d’être cité dans le magazine Technology Review dans la section 35 entrepreneurs avant 35 ans ! Mais quand on démarre un benchmarking, il ne faut pas être orgueilleux et aveuglé par cette vision ! Il faut partir du principe que mon idée n’est pas si révolutionnaire. Il faut donc chercher à l’optimiser. Voir dans un premier temps s’il n’existe pas d’autres startups ou entreprises qui l’ont déjà :

  • Cherchez sur le site de l’Inpi dans les sections qui sont en relation avec votre idée.
  • Essayez de vous renseigner, d’une façon indirecte, auprès de vos amis, de vos connaissances, sur les réseaux sociaux,
  • Cherchez dans la base de données des startups : il en existe beaucoup sur le web comme celle des Start-Up Week-End, les magazines spécialisés (FrenchWeb…)
  • N’oubliez pas les moteurs de recherches sur internet (Google est votre ami, on vous l’a déjà dit plein de fois!).
  • Ne pas se limiter à un pays donné, l’idée peut exister aux US, mais l’entrepreneur l’a brevetée dans le monde entier.

De plus, essayez de définir le terme “innovation” par rapport à votre idée. Une idée peut être innovante pour certains, mais pas pour d’autres. Quel est le degré de l’innovation ? Est-ce une innovation de rupture ou incrémentale ? Posez-vous la question suivante : qu’est ce que mon produit/service apportera aux futurs clients ?

Malheureusement, beaucoup de porteurs d’idées en présentent qui sont déjà opérationnelles et créées par d’autres entrepreneurs.

2. Il existe au moins un concurrent

Même si votre idée est super innovante, il existe au moins un concurrent, ne serait qu’un concurrent indirect. Certains entrepreneurs se vantent dans les événements et estiment qu’ils sont les seuls dans le marché. C’est une grave erreur car cela faussera votre benchmark compétitif et ne vous poussera pas à bien chercher et fouiller.
Il en existe !! Les concurrents qui font peur ne sont jamais les directs, mais les indirects parce qu’ils peuvent à tout moment innover et se repositionner pour piquer vos clients. Pensez aussi aux produits/services de substitution ! Les entreprises qui en commercialisent sont également vos concurrents :

  • Déterminez le degré des produits/services de substitution
  • Cherchez vos concurrents dans les annuaires des entreprises types Kompass ou celui des chambres de commerces
  • Lisez la presse spécialisée dans votre secteur
  • Effectuer une veille constante
  • Effectuez un sondage et pourquoi pas dans la rue, sur Internet, tout en restant discret sur votre projet
  • Si votre produit doit subir une période de développement de longue durée (une molécule pharmaceutique par exemple), cherchez dans les annuaires des cliniques qui effectuent des tests d’essai et qui indiqueront le stade de l’avancement du développement.
  • Si vous avez les moyens, achetez des rapports et des études de marché. Ils sont rédigés par des sociétés spécialisées et sont très riches en informations.
Les entrepreneurs qui partent du principe qu’il n’y a aucun concurrent et qu’ils sont les rois du marché vont échouer !

3. Utilisez des indicateurs

C’est la partie la plus importante du benchmarking. C’est bien d’effectuer un benchmark, mais c’est mieux de le doter des indicateurs qui vont guider l’entrepreneur dans ses recherches. Ainsi, les résultats seront plus détaillés, plus clairs et surtout plus pertinents pour en tirer des conclusions. Plus il y en a, mieux c’est ! L’entrepreneur doit effectuer un travail d’analyse, d’observation et de synthèse. Il n’y a pas modèle standard pour les indicateurs. L’entrepreneur, en fonction de son projet et de ses objectifs doit les créer. Certains sont communs à tous les projets, d’autres sont plutôt spécifiques à la nature du projet et aux objectifs de l’entrepreneur. Mais il faut en avoir avant de démarrer un benchmarking!
Les indicateurs communs (la liste est non-exhaustive) : 
  • La part du marché de mes concurrents : en termes de nombre de clients, de volume de ventes, la zone géographique… Vous trouverez ces données sur Internet, dans la presse, dans les rapports voire sur les sites des concurrents qui peuvent se vanter d’être leader. Si vos concurrents sont des sites web, il existe beaucoup d’outils sur la toile qui peuvent vous indiquer le nombre de visiteurs, le nombre de “fans”/”followers” d’une marque, le référencement… Ces données ne pourront pas être exactes, certes, mais elles vous donneront un ordre de grandeur. Utilisez les réseaux sociaux et étudiez l’interaction des concurrents avec des utilisateurs. Cela pourra refléter l’engagement de leurs clients (utile pour le point suivant), les différents problèmes qu’ils peuvent rencontrer…
  • Les points forts de mes concurrents : pourquoi ont-ils réussi ? Quelle a été leurs stratégies ? Est-ce leurs produits ? Est-ce leurs stratégies marketing ? Possèdent-ils une technologie brevetée ? Le code utilisé pour développer leur site web, un algorithme…
  • Les points faibles de mes concurrents : pourquoi ont-ils échoué ? Est-ce à cause du produit ? Des clients ? Du management ? Pas assez d’innovation ? Concurrence concentrée ? Ce point est très important si vous lancez un produit/service basé sur une innovation incrémentale. Êtes-vous sûr que… ?
  • L’équipe management de mes concurrents : les concurrents ne se limitent pas au niveau du produit, mais aussi à l’équipe dirigeante qui a contribué à la conception du produit et a pris les décisions. Qui est-elle ? Leurs niveaux d’études, leurs compétences, leurs backgrounds professionnels…
  • Mon idée v/s celle des concurrents : définissez les points positifs et les points négatifs, le plus-value global, les dimensions (pour un produit), le nombre de clics -l’ergonomie- graphisme (pour un site web), la durée de la prestation…
  • Les besoins des clients : si le produit/service existe déjà et que vous voulez suivre la tendance et proposer la même chose avec un petit changement, est-ce que les clients vont l’accepter ? Quel est leur degré d’attachement avec le produit/service actuel ? Si vous proposez un nouveau produit/service, est-ce qu’ils vont être réceptifs ? Pourquoi les clients vont-ils l’acheter ?
  • D’autres indicateurs : il existe d’autres indicateurs qui sont définis en fonction du produit/service et en fonction des objectifs de l’entrepreneur.

4. Soyez créatifs !

Nous avons vu qu’il faut bien organiser le benchmark et mettre en place des indicateurs pour évaluer plusieurs éléments qui intéressent l’entrepreneur.
Ne vous limitez pas aux résultats du benchmark et surtout ne vous perdez pas ! Il est vrai que ses données sont très utiles, mais il existe aussi des facteurs extrinsèques qui peuvent fausser ces données : la situation économique/réglementaire de la région/du pays, la situation politique, le manque de la technologie… Soyez créatifs, critiquez les données récoltées et essayez d’avoir un peu de recul lors de leurs analyses globales. Intégrez-y vos analyses économiques, les facteurs externes et une vision dans le futur qui peuvent jouer en votre faveur.

Product is not king!

Une fois que vous avez la réponse à tous ces points, vous pourrez les utiliser dans vos analyses, dans toutes les parties du processus de la création de votre start-up pour pouvoir rédiger votre business plan et créer votre business model.
Oubliez la notion “product is king” qui ne représente qu’un faible pourcentage de la réussite et l’échec d’une start-up !
Une start-up ne se base jamais sur un produit, mais sur un business. Pour assurer la pérennité de ce business, il faut s’assurer d’abord de sa solidité. Le benchmarking est une étape importante et une des pierres d’angle d’une start-up à ses débuts comme pendant son développement et sa croissance, il permet de créer un produit/service, de l’améliorer et d’aider l’entrepreneur dans ses choix.
Souvent les entrepreneurs aiment s’aventurer quelque soit le résultat de leurs benchmarks (s’ils en font !). Il ne faux pas s’arrêter aux résultats du benchmark et être leur prisonnier, mais ils peuvent nous donner une idée globale et le degré du risque qu’on doit encourir en créant une start-up. Ils nous évitent de  commettre des grosses erreurs.
L’entrepreneuriat reste avant tout “un esprit d’action” et pas seulement des documents, des feuilles d’Excel, de sondages… Beaucoup de startups ont réussi avec peu d’informations en benchmarking (voire sans), d’autres avaient échoué parce qu’ils n’en ont pas fait. A vous, seul,  d’évaluer votre degré de dépendance du benchmark.

“Pote Emploi” recherche des potes !

D’habitude, nous interviewons dans cette rubrique des startups qui visent à rentabiliser financièrement leurs projets, mais aujourd’hui, Analyze Thiz va vous présenter un projet social qui nous a touchés.

Trois étudiants en dernière année d’école de commerce, de gestion et de sciences politiques, avaient créé le projet “Pote Emploi“. Objectif : favoriser la mixité sociale, l’échange entre les jeunes en recherche d’emploi et des “potes” experts qui peuvent aider ces derniers dans leurs démarches. Une activité extrascolaire pour ces trois acolytes qui misent sur l’utilité sociale de leur projet.

Nous avons rencontré Antoine Chatelain, l’un des trois co-fondateurs pour nous parler un peu plus de Pote Emploi.

Logo Pote Emploi
Logo Pote Emploi

Analyze Thiz : Bonjour Antoine, pourriez-vous vous présenter et nous présenter Pote- Emploi ?
Antoine Chatelain : Je suis en dernière année de Sciences-Po et j’ai créé, avec Juliette Robert (HEC) et Félicie Robert (ESG), une plateforme d’échange et d’entraide entre jeunes pour améliorer l’insertion professionnelle : sur notre site, le jeune est mis en contact avec des “potes” disponibles pour l’aider dans ses démarches et répondre à ses questions. Ces “potes” peuvent être des étudiants, des jeunes diplômés ou des jeunes qui sont déjà en poste.

C’est une initiative personnelle et un projet à but non lucratif, avec un vrai engagement sur l’égalité des chances et la mixité sociale. Par notre site, on cherche notamment à cibler plus spécifiquement les jeunes défavorisés et sans diplômes qui cherchent un emploi.

Nous l’avons lancé à côté de nos études et il a eu le soutien de nos écoles.

Capture du teaser de Pote Emploi
Capture du teaser de Pote Emploi

Comment avez-vous eu l’idée ? Et pourquoi?
Nous avons commencé à penser à ce projet au début de l’année. L’insertion professionnelle des jeunes est difficile en ce moment et encore plus pour ceux qui n’ont pas ou peu de diplômes diplômés.

Partant du principe que le réseau est un enjeu important, nous avons créé Pote Emploi pour aider ceux qui manquent de réseau. Pote Emploi, ce n’est donc rien d’autre qu’un réseau pour chercher un boulot.
Concrètement, cette plateforme que nous créons peut aider à rédiger un CV par exemple, à trouver une information sur un métier précis ou un type d’études, où à se faire accompagner dans ses démarches administratives auprès d’un organisme publique… et tout cela dans un cadre informel et convivial. Et même si la rencontre entre les deux personnes ne débouchera pas sur un emploi, elle leurs permettra néanmoins d’avoir la chance de se rencontrer et d’échanger. D’où la dimension de la mixité sociale.

Comment la plateforme fonctionne-t-elle ? Quel est le processus ?
Les personnes intéressées pour donner bénévolement de l’aide doivent d’abord s’inscrire sur la plateforme, devenant des « potes ». Lors du lancement officiel du site en septembre prochain, on leur demandera de compléter leurs profils : ils doivent préciser en quoi ils sont prêts à aider (le secteur d’activité), le type d’études effectué, les outils (CV, LM), et leur degré d’engagement (être contacté une ou plusieurs fois par mois).

Les personnes qui demandent de l’aide vont devoir compléter quasiment le même profil. Prenons l’exemple d’un développeur web en recherche d’emploi et qui a besoin d’aide pour mieux rédiger et valoriser son CV, Pote Emploi va contacter deux ou trois “potes” qui correspondent à son profil selon certains mots clés et qui pourront le contacter via la plateforme (système de messagerie interne). Cet échange pourra évoluer par des sessions Skype, voire des rencontres physiques. L’aide pourrait aussi se porter sur une recherche d’informations sur un métier précis ou sur un organisme (les démarches pour s’inscrire à Pôle Emploi par exemple) ou sur un type d’étude.


Bref, on a créé Pote emploi par Pote_emploi

Quels sont les services proposés ?
La plupart de nos services se concentrent sur les conseils, le coaching et le partage d’expérience.

Une autre particularité aussi, le profil rempli sert à aider et à être aider. La personne qui demande de l’aide pourrait être un jour sollicitée à son tour en tant que “pote” pour aider une autre personne.

Nous fidélisons nos “potes” via un système de notation (avoir les feedbacks des utilisateurs) et via la mise en place d’un classement des “meilleurs potes” qui concerne les personnes les plus actives sur la plateforme.

Avez-vous eu une aide financière ?
Non mais nous sommes bien entourés : une équipe d’étudiants d’Hetic, une école en informatique, où l’on a soumis notre idée comme projet de fin d’études, nous accompagne dans notre projet. Ils développement la plateforme depuis 5 mois. Nos écoles nous aident aussi et ont mis à notre disposition des locaux et des ressources.

Nous allons organiser, en partenariat avec des BDE, une soirée le vendredi 17 mai dont tous les bénéfices iront à Pote-Emploi. Cet argent va être investi pour embaucher une personne dès l’année prochaine qui pourra animer notre communauté de « Potes ». On postule également pour des bourses.

Avez-vous déjà des partenaires ?
Oui, avec nos écoles, des BDE et plusieurs associations engagées sur les thématiques d’égalité des chances et d’entrepreneuriat. Nous cherchons également à créer des partenariats avec des associations de terrain qui s’occupent de l’insertion de jeunes afin de nous faire connaître et pour promouvoir leurs activités sur notre site.

On s’est rapproché aussi de Pôle Emploi. D’abord pour avoir l’autorisation d’utiliser un nom proche du leur et également pour envisager dans l’avenir un partenariat.

Quelles sont les prochains axes de développement ?
Nous allons améliorer la section de réorientation vers d’autres sites et organismes qui existent déjà et qui peuvent aussi apporter une aide complémentaire à celle qu’on offre sur pote-emploi.fr. Nous souhaiterions également mettre en place des outils faits par des “potes”, par exemple des guides sur comment se préparer à un entretien ou comment rédiger un CV…

 Un dernier mot?

Pour tout “pote” intéressé par ce projet et qui aimerait aider une autre personne, je l’invite à s’inscrire sur le site http://www.pote-emploi.fr/

Merci Antoine pour cette interview.

Retrouvez Pote Emploi sur :

Click Eat vous évite la file d’attente

Notre start-up de cette semaine s’attaque aux longues files d’attente des restaurants et veut les réduire au maximum. Elle répond à un besoin et un problème réels chez les salariés qui passent plus de temps à faire la queue  (10 à 15 mins en moyenne) que pour manger. Les sites de livraison existent par dizaine, mais aucun ne propose de passer la commande en ligne puis aller la retirer au restaurant.

Créée au sein du nouvel incubateur de l’ECE-Paris par 3 ingénieurs jeunes-diplômés, et pour en savoir un peu plus sur son activité, Analyze Thiz a rencontré l’un de ses fondateurs, Antoine Gantharet :

Analyze Thiz : pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ? et nous présenter Click Eat ?

Antoine Gantharet : Je m’appelle Antoine Gantheret, j’ai 25 ans, et suis jeune diplômé en ingénierie informatique et financière de l’école d’ingénieurs ECE – Paris. Je travaille sur Click Eat depuis bientôt 2 ans, et depuis Octobre dernier nous sommes dans l’incubateur de l’ECE. L’équipe est composée de Thibaud Channelliere et Thomas Piard. Anciens tous les 2 de l’ECE également, le 1er a suivi le même cursus que moi et le 2nd un cursus pur informatique.

Thibaud est responsable commercial, Thomas directeur technique et je suis responsable communication et marketing.

Click Eat est une plateforme web qui permet aux consommateurs de découvrir les restaurants autour d’eux, de précommander en ligne leur déjeuner et d’aller le récupérer directement sans faire la queue.
En plus de bénéficier d’un gain de temps, ils peuvent aussi profiter de réductions grâce aux offres entreprises (ou écoles), aux promotions ponctuelles et la fidélisation sur le site.

Dans les actualités récentes, nous avons été classés 3ème à la Start-up Academy et on participe actuellement à MoveJee.

Les 3 fondateurs de Click Eat
Les 3 fondateurs de Click Eat

Comment avez-vous eu l’idée de Click Eat ? et pourquoi avoir choisi ce secteur ?

L’idée m’est venue en 2011 pendant mon stage de 2ème année à Genève où chaque midi je perdais du temps dans la file d’attente à la pause déjeuner. Je connaissais beaucoup de sites de livraison mais aucun pour commander et ensuite récupérer la commande, donc pourquoi ne pas en créer un. J’ai parlé avec Thibaud de cette problématique et de la solution. Il était en stage à la Défense à Paris et m’a confirmé qu’il rencontrait le même problème tous les midis.

On a proposé ce concept à l’école et il a été validé pour notre projet de fin d’études. On a profité du cadre académique pour effectuer notre étude du marché pour vérifier la faisabilité de ce projet. Nous l’avons effectué à la Défense où les restaurants nous ont bien accueillis puisque notre projet répond à un vrai besoin. On a discuté également avec consommateurs et ils étaient intéressés eux-aussi.

Thomas a rejoint l’aventure au début de l’année 2012, après un cours où il a entendu parlé du projet par Thibaud. Son profil correspondait exactement à ce qui nous manquait !

Au premier semestre 2012, nous sommes partis en Chine avec Thomas en échange scolaire, pendant que Thibaud faisait son stage de fin d’études dans une société de conseil. En revenant, nous avons intégré en octobre 2012 le nouvel incubateur de l’ECE (il aura bientôt un an). Et nous y sommes toujours jusqu’à février 2014.

Quel est le business model ? comment générez-vous de l’argent ?

La solution est bien sûr gratuite pour les consommateurs. Les prix affichés sur le site sont les mêmes que dans le restaurant.

Notre business model repose uniquement sur une commission auprès des restaurateurs pour chaque commande passée sur leur boutique virtuelle Click Eat.

Le paiement est sécurisé et effectué en ligne via notre prestataire Paybox. Les restaurateurs possèdent, eux, un accès spécifique au back-office pour gérer les commandes et peuvent à tout moment arrêter de recevoir des commandes et “fermer” virtuellement leurs restaurant.

Comment gérer, du côté restaurant, les différentes commandes passées en même temps?

Lorsque le consommateur a passé sa commande, il doit choisir un créneau horaire pour le retrait. Le nombre de clients par créneau Click Eat est limité, et géré par le restaurateur. Lorsqu’un créneau est complet, il ne peut plus être choisi par le consommateur.

Avez-vous eu une aide financière ? 

Non pour le moment. Nous avons démarré notre activité en se basant sur des apports personnels de chacun des 3 co-fondateurs. On est soutenu également par l’incubateur de l’ECE via une aide financière, via la réalisation de certains supports en marketing (plaquettes, cartes de visite, matériels…) et via l’intervention d’experts et coachs.

Nous allons bientôt souscrire un prêt pour couvrir nos prochains frais principalement le recrutement des stagiaires : 1 en communication, 2 comme commerciaux et 1 développeur iOS.

Avez-vous déjà des partenaires ?

Nous considérons les premiers restaurants comme des partenaires ; nous avons effectué beaucoup d’échanges avec eux. Leurs feedbacks étaient importants pour le développement de la plateforme pour pouvoir proposer une solution complète qui répond à leurs besoins communs.

Dans quelles villes/quartiers êtes-vous basés actuellement?

Pour l’instant, nous sommes basés la Défense et le VIIIème arrondissement  et bientôt le 15ème. On suivra par la suite la demande des consommateurs, que cela soit dans les autres quartiers de Paris et les autres grandes villes.

Avez-vous eu un retour depuis le début de votre activité ?

Oui, toujours! On demande souvent des feedbacks aux restaurateurs et, à chaque commande, aux clients pour pouvoir améliorer notre service et le rendre parfait le plus possible.

Quelles sont les prochains axes de développement ?

Développer  une  application  iPhone,  augmenter  notre  force   commerciale,  développer des nouvelles fonctionnalités pour les consommateurs et restaurateurs et améliorer les outils. Et d’autres surprises.

Un dernier mot?

Merci de voter pour notre start-up au concours MoovJee 🙂

Merci Antoine pour cette interview.

Retrouvez Click-Eat sur :

WebEngineering : le 1er réseau social BtoB dédié au conseil en ingénierie.

Notre start-up de cette semaine répond à un besoin spécifique et crucial dans le monde du conseil. Tous les ingrédients d’une start-up à fort potentiel y sont : l’innovation, l’apport d’une solution et le ciblage d’une niche.
Le fondateur, un ancien ingénieur d’affaires et qui connait bien ce domaine, est plus que motivé par son projet, à tel point qu’il a quitté son poste pour s’y consacrer à temps plein.
Analyze Thiz l’a rencontré pour nous parler un peu plus de WebEngineering.

Logo WebEngineering
Logo WebEngineering

Analyze Thiz : Bonjour Alexandre, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Alexandre Roy : j’ai 26 ans et j’ai été diplômé de l’EPF (ex-Ecole Polytechnique Féminine, NDLR) en 2010 en option IAP (Ingénierie d’Affaires et Projets). J’ai effectué mon stage de fin d’études chez Bouygues Construction en tant qu’acheteur de travaux de sous- traitance, puis j’ai intégré par la suite ABYLSEN, société de conseil en ingénierie en tant qu’ingénieur d’affaires pendant un an où j’étais en charge de développer un centre de profit notamment en recrutant et en manageant des ingénieurs-consultants.

Alexandre Roy, fondateur de WebEngineering
Alexandre Roy, fondateur de WebEngineering

Comment avez-vous eu l’idée de WebEngineering?

Elle m’est venue d’un simple constat : les sociétés de conseil manquent cruellement d’outils pour faire connaitre leurs consultants et pour leur trouver des projets ou des missions quand ils sont en inter-contrats (une période d’inactivité du consultant qui reste toujours salarié mais qui n’est pas productif). Un consultant en inter-contrat coûte, en moyenne, entre 250-500€ par jour à son employeur.
Pour palier à ce problème, le but était donc de rapprocher les besoins immédiats des compétences disponibles et c’est l’exercice qu’un usage intelligent d’internet permettait de faire tout de suite.

Travaillez-vous tout seul sur ce projet?

Oui, je lancé ce projet tout seul mais je collabore avec des prestataires spécialisés dans le web qui développent la plateforme. Une première version bêta a été mise en ligne en octobre 2012, il reste encore quelques fonctionnalités à développer.

Quel est le business model de WebEngineering?

Les sociétés de conseil et les consultants freelances devront souscrire à un abonnement mensuel qui sera aux alentours de 100€ pour accéder à la base de données de projets. Ils paient pour accéder à toute la base de données en illimité et consulter plusieurs projets dans plusieurs secteurs d’activités. Ils auront aussi la possibilité de déposer leurs CV (pour les freelances) et ceux des consultants (pour les cabinets) que les donneurs d’ordre et les autres sociétés de conseil pourront consulter. S’il y a une mission qui les intéresse, il suffit de cliquer sur le projet et ils obtiennent les coordonnées du donneur d’ordre avec qui ils peuvent entrer en contact.

En ce qui concerne les personnes qui vont déposer des missions sur la plateforme et qui recherchent des compétences (les donneurs d’ordres), ils ont un accès entièrement gratuit et illimité la plateforme.

Si les autres cabinets peuvent consulter les CV des consultants dans d’autres cabinets, ils risquent de les débaucher.

Pas forcément et ce n’est pas le but. Il arrive parfois que certains cabinets de conseil fassent appel à d’autres sociétés de conseil pour une compétence spécifique sur un projet auquel ils ne peuvent pas répondre ; l’autre société prendra une marge sur la prestation.

Quels sont les secteurs d’activités que traite WebEngineering?

La plateforme intervient dans l’automobile, le ferroviaire, l’aéronautique/défense/spatial, l’énergie et les télécoms.

Pourquoi ce choix restreint de secteurs? Cela pourrait impacter sur le nombre des utilisateurs

C’est un choix personnel. Je préfère me spécialiser pour attirer des missions et des compétences qui sont de bonne qualité et en adéquation puisque les métiers de l’automobile, du ferroviaire, de l’aéronautique, de l’énergie et des télécommunications, sont assez semblables.

Je préfère avoir peu d’activités mais qu’elles soient cohérentes entre elles tant au niveau de l’offre et la demande. Prenons un exemple : un ingénieur en R&D, en inter-contrat, spécialisé dans l’automobile, un secteur qui va très mal en ce moment, pourra très bien se retrouver un projet dans le ferroviaire, l’aéronautique ou l’énergie.

Qu’est-ce qu’il va pousser les donneurs d’ordre à publier leurs missions sur cette plateforme et non pas via les canaux traditionnels?

Le domaine de l’ICT (Ingénierie et Conseil en Technologies) est assez peu connu en France. Les donneurs d’ordres sous-estiment beaucoup ce marché et n’en connaissent qu’une petite partie. Ainsi, WebEngineering leur propose d’élargir et de mieux cibler leur panel de fournisseur en toute simplicité.
L’autre avantage pour eux, c’est de gagner du temps. Au lieu d’envoyer une dizaine de mails à leurs fournisseurs, les donneurs d’ordres pourront publier leurs offres directement sur la plateforme et un mail sera envoyé automatiquement à tous les fournisseurs qui pourront par la suite consulter les offres sur la plateforme et proposer une solution.

Avez-vous eu une aide financière pour se lancer?

Je n’ai pas eu d’aide financière et tout l’investissement actuel vient de mes fonds propres. J’ai investi 10 000€ dans la société et je prépare une levée de fonds, de love money, de 50 000€  via des amis et de la famille en échange des parts dans la société et pourquoi pas des business angels. Je dois la clore fin février pour permettre de recruter une équipe de commerciaux et des développeurs.

Travaillez-vous dans un espace co-working?

Non, je travaille chez moi mais c’est possible que j’emménage dans un espace co-working ou dans un bureau individuel comme je vais recruter 2 stagiaire en mars.

Votre cible est nationale, internationale ou les deux?

Je veux cibler d’abord les régions et le secteur national pour ne pas avoir des besoins dans d’autres pays auxquels la plateforme ne pourra répondre. Lorsque j’aurais une solide base et que je serai le référent au niveau national, je me développerai à l’international.

Y-a-t-il des concurrents directs ou indirects sur le marché?

HightTechpros est une plateforme spécialisée dans le SSII est mon concurrent indirect. Il existe d’autres plateformes mais qui sont généralistes et non pas spécialisées comme WebEngineering.

Avez-vous déjà des clients?

Pour l’instant, WebEngineering compte environs 90 utilisateurs, dont 60 sociétés de conseil, 15 freelances et 15 donneurs d’ordres. Parmi eux, on retrouve déjà des grands comptes, comme EADS Sogerma, ZODIAC Seats, COMPIN, ALTRAN, ALTEN, AKKA Technologies et bien d’autres encore.

Est-ce qu’il y un système de modération ou de suivi sur la plateforme?

Je contrôle et je valide chaque inscription des donneurs d’ordres, des cabinets de conseils et des consultants freelances. Pour valider, soit je trouve leurs références sur les réseaux sociaux, soit je les appelle pour confirmer leurs activités et aussi pour contrôler les besoins qu’ils vont déposer.

Je ne peux pas vérifier via la plateforme qui a décroché un projet, en revanche, je contacte régulièrement les clients pour le suivi et les feedbacks.

Quelle est votre stratégie de communication pour faire connaitre votre projet?

Je fais de la communication sur les réseaux sociaux professionnels, principalement sur Viadeo et LinkedIn où je peux cibler mes clients. Je fais aussi de la prospection téléphonique et vais sur le terrain pour présenter mon produit aux clients potentiels.

Quels sont vos prochains axes de développement?

Mon    premier    axe    de    développement    sera    de    faire    évoluer    la    plateforme. En effet, WebEngineering ressemble, aujourd’hui, à une place de marché impersonnel où on y dépose des offres et des CV que l’on peut consulter. Je souhaiterais la faire évoluer vers un réseau social professionnel qui est, me semble-t-il, beaucoup plus approprié aux commerciaux et aux acheteurs qui aiment le contact et le visuel.

Merci Alexandre pour cette interview.

Retrouvez WebEngineering sur le web:

Pixopolitan : une ville, une photo

Le nombre de sites de photo avait explosé depuis quelques années. Une croissance due à l’amélioration technique des serveurs, à la baisse du prix de stockage et à la fluidité d’échanges entre les utilisateurs.

Ces sites proposent plusieurs activités en allant du simple stockage, à l’impression des albums photos ou des goodies. Notre start-up de cette semaine est française, elle s’appelle Pixopolitan. Les photographes comme les amateurs de la photo et de la décoration vont s’y s’intéresser. Elle a su se positionner sur un segment spécifique et propose une activité inédite en photographie. Gérée par deux jeunes entrepreneurs, elle propose d’imprimer en bonne qualité des photos des villes où vous vivez comme de celles où vous rêverez d’y aller grâce à un réseau de photographe dans plusieurs pays et plusieurs villes.

Entretien avec Romain Barbet, un des fondateurs de Pixopolitan.

Analyze Thiz : Bonjour Romain, pourriez-vous vous présenter ainsi que votre associé ?

Romain Barbet : J’ai 25 ans, je suis diplômé d’Euromed Management programme Cesmed en 2010, j’ai effectué la

Les fondateurs de Pixopolitan: Paul-Henri Blaiset et Romain Barbet.
Les fondateurs de Pixopolitan: Paul-Henri Blaiset et Romain Barbet.

moitié de ma scolarité à Marseille en France et l’autre moitié à Shanghai en Chine. Ensuite j’ai intégré Sup de Co Reims où je suis toujours étudiant en dernière année avec mon associé Paul-Henri Blaiset.

Comment avez-vous eu l’idée de Pixopolitan ?

En rentrant de Shanghai, je voulais une photo qui illustre cette ville pour l’accrocher dans mon appartement à

Reims. Or je n’ai pas pu trouver un service sur le web pour satisfaire ma demande. Là je me suis rendu compte qu’il y a une vraie demande en décoration pour ce concept et j’ai commencé à travailler sur l’idée en septembre 2011. J’ai rédigé le business plan jusqu’à janvier 2012 et avec mon associé, nous avons intégré en mars 2012, via un concours, l’incubateur Founder Institute à Paris, (un des grands accélérateurs de start-up au monde, il est implémenté dans 22 pays et plus de 37 villes, NDLR). Nous avons créé la start-up en juin et en juillet nous avons fini 3ème sur 30 idées retenues en juillet. Le site web a été lancé le 4 octobre dernier en version bêta. Nous avons ouvert une boutique éphémère début décembre et la prochaine sera à partir de 9 janvier jusqu’à 9 février à Paris dans le célèbre quartier le Marais au 13 rue des blancs manteaux à Paris.

La boutique éphémère au 13 rue des blancs manteaux 75004
La boutique éphémère au 13 rue des blancs manteaux 75004

Avez-vous eu une aide financière ?  une levée de fonds?

Non, le capital initial est constitué uniquement d’un apport personnel.

Pourriez-vous nous parler un peu du business model de Pixopolitan?

C’est de l’e-commerce et nous prélevons une marge sur chaque produit vendu. Un jury sélectionne les photos à

Endless stairs - Dongguan, China (par Lun Liu)
Endless stairs – Dongguan, China (par Lun Liu)

publier sur le site. Sur chaque photo vendue, nous reversons entre 5 et 15% HT (en fonction de la taille de la photo) au photographe. Les prix sont fixes de 49€ à 229€ tout dépend du support et du format demandés.

Nous avons aussi un système d’appel d’offres ou “tirage sur-mesure” uniquement – pour l’instant – pour Paris, Londres et New-York: le client commande la photo de n’importe quelle rue/quartier de ces 3 villes. Nous transmettons ensuite l’adresse à la communauté des photographes de la ville concernée qui prendra des photos et par la suite les proposer au client. Ce dernier sélectionne une ou des photos et peut décider de les avoir en exclusivité pour 400€ ou non pour 200€ (tirage classique).

Nous avons actuellement 3 tailles différentes de photos proposées aux clients: 30×45, 60×90, 100×150. (cm) et le site existe en anglais et en français.

Quels sont les supports proposés que vous proposiez ? 

Nous proposons que du Toile 100% coton et de l’aluminium laqué.

Underground - Paris, France (par Pascal Dupont)
Underground – Paris, France (par Pascal Dupont)

Y-a-t-il un tirage limité ?

Pour le moment non mais cela pourrait être possible dans l’avenir.

Côté juridique, comment gérez-vous les droits d’auteur?

Nous devons propriétaire de chaque photo publiée sur le site et nous avons le droit de l’exploiter et la vendre d’une manière exclusive pendant 2 ans. L’avantage de cela, les photos que vous trouverez sur Pixopolitan vous ne les trouverez nulle part ailleurs.

Avez-vous déjà des photographes avec qui vous collaborez ? Comment vous les avez recrutés ? Est-ce qu’ils sont tous connus ? 

Oui, 133 photographes jusqu’à maintenant pour 384 photographies validées. Nous les avons recrutés sur les réseaux sociaux généralistes et spécialistes en photographie et depuis peu nous avons des inscriptions spontanées. Le photographe n’avance aucun coût pour publier ses photos sur notre site. Les photographes peuvent être des amateurs comme des professionnels.

Quelles sont les villes accessibles pour le moment ?

Plus de 54 métropoles mais nous sommes bien implantés (plus de 5 photographes dans chaque ville) à Paris, Marseille, Lyon, Lille, New-York, Londres, Shanghai et Tokyo.

Quelles sont vos axes de développement ?

Publier la V2 du site web, avoir entre 1000 et 2000 photos avant la fin de l’année et rendre le service d’appel d’offre opérationnel dans une dizaine de grandes villes.

Merci Romain pour cette interview.

Pixopolitan en chiffres:

  • 133 photographes inscrits
  • 384 photos validées
  • >50 métropoles concernées
Retrouvez Pixopolitan sur:

BedyCasa et la chambre chez l’habitant

Avoir une chambre chez l’habitant est une tendance ancestrale. Elle a connu une forte croissance depuis 3-4 ans suite à la démocratisation d’internet et l’émergence de quelques sites qui ont facilité les échanges entre le voyageur et l’hébergeur. Ils ont facilité également le paiement et ont apporté la garantie aux deux acteurs.
La crise n’a fait qu’augmenter la demande et l’offre: d’un côté les voyageurs qui cherchent un logement moins cher que l’hôtel et de l’autre côté, des hébergeurs qui cherchent à arrondir leurs fins de mois.

Tous les sites mettent le point sur “voyager autrement” ou “profiter de la proximité et les échanges avec l’hébergeur” dans leurs stratégies marketing, un concept que les autres modes d’hébergement classiques tels que les hôtels, les B&B…ne peuvent pas assurer.

Les hébergeurs sont libres de fixer leurs tarifs ainsi que les voyageurs pourront choisir le prix qu’il leur correspond. Le business model de ces plateformes CtoC repose sur un système de commission prélevée sur les réservations du côté hébergeur et voyageur. Certaines plateformes privilégient plutôt le voyageur et ne taxent que les hébergeurs. Elles offrent aussi une garantie et une sécurité pour les transactions, ainsi plus besoin de payer l’hébergeur en cash.

Les hébergeurs doivent créer un profil et décrire leurs logements en y incluant des photos. Plus la description est explicite et détaillée plus ils augmenteront leurs réservations.
Côté voyageur, il doit créer lui aussi un profil. Les profils sont tous vérifiés via une adresse mail, adresse postales, numéro de téléphone…

Ce marché qui est en plein essor est partagé en France par: AirBnB (américain), BedyCasa (France), Abritel (France), ChambreAlouer.com (France), Cohebergement (France),  sejourning.com…

Nous connaissons tous le concept de Couchsurfing qui consiste à accueillir et héberger gratuitement des voyageurs chez soi. Ce concept a évolué vers le payant à cause de la crise mais qui garde toujours certains sympathisants.

La convivialité, l’authenticité, la rencontre des habitants locaux et le prix sont des arguments et des motivations qui ont réussi à développer cette activité qui n’est pas encore arrivée à sa maturité.

Interview avec BedyCasa

Notre start-up de cette semaine est française et nous vient de Montpellier. Une start-up née d’une passion; la passion de voyager et de se loger chez l’habitant: BedyCasa est un site communautaire créé en 2007 d’abord sous forme de blog mais qui évolué rapidement en site communautaire.

Ce site est un des leaders français dans le logement chez l’habitant et connaît une croissance sans précédent. La start-up a remporté plusieurs prix depuis sa création: le prix Coup de Coeur TPE de la région Languedoc Roussillon, prix des Ambassadeurs du Sud, label Travel d’Or 2012 (meilleure start-up).
Elle a réussi récemment (13 décembre) une deuxième levée de fonds d’1 million d’euros auprès d’Yves Péis (ex-PriceMinister), Michel Kubler (ex-TF1), Jean-Michel Bénard (ITS Groupe), Nicolas Machard (ex-Opodo), le fonds Soridec et sa fondatrice. (source Journal du net)

Nous avons rencontré sa fondatrice et directrice Magali Boisseau qui nous a accordé cette interview:

Logo BedyCasa
Logo BedyCasa

Analyze Thiz : Bonjour Magali, pourriez-vous nous présenter BedyCasa?

Magali Boisseau : BedyCasa est un site communautaire de réservation de chambres chez l’habitant partout dans le monde. Cela permet

Magali Boisseau
Magali Boisseau – Fondatrice et directrice de BedyCasa

à des personnes qui possèdent une chambre libre ou un espace chez elles de le louer d’une façon occasionnelle à des voyageurs de passage et arrondir leur fins de mois. D’un autre côté, cela permet au voyageur de voyager d’une façon authentique et économique partout dans le monde, que cela soit dans le cadre de voyages d’affaires, d’études ou tout simplement pour ses vacances.

J’ai créé BedyCasa en 2007 avec un capital de 3000€ et je me suis retrouvée toute seule pendant 2 ans et demi  Je m’attendais à des résultats immédiats mais ce n’était pas le cas. Il m’a fallu 4 ans pour faire une première levée de fonds de 500k €  en 2011 et une autre tout récemment (13 décembre) 1M€. (la présentation de BedyCasa en infographie, NDLR)

Que signifie le mot “BedyCasa”?

Littéralement, BedyCasa signifie Lit (bed en anglais) et Maison (casa en espagnol). J’ai choisi cette terminologie parce qu’elle permet de réunir en un seul mot toutes les formes d’hébergements alternatifs.  Ce mot est également facile à mémoriser car il comporte de nombreuses voyelles.

Comment avez-vous eu l’idée ?

BedyCasa vient d’une aventure personnelle et surtout d’un bon carnet d’adresses : j’ai voyagé dans une soixantaine de pays et j’avais une centaine d’adresses d’amis qui hébergeaient déjà des voyageurs de passage d’une façon occasionnelle  mais ils ne recevaient aucune rémunération. Je leur ai proposé d’être rémunérés pour cette activité comme l’hébergement induit des frais liés à la nourriture, à l’électricité et à l’eau et j’avais envie de les récompenser pour fournir cet accueil à d’autres voyageurs.  Cette liste a d’abord existé sur MSN Messenger et a ensuite rapidement évolué sous forme de blog pour finalement devenir une véritable plateforme communautaire de réservation de logements chez l’habitant.

Quel est le business-model utilisé?

Nous avons privilégié le voyageur parce que nous partions du principe qu’il était anormal que voyager coûte cher. Notre but est de rendre le voyage accessible à un maximum de personnes. Nous percevons une commission de 15% sur chacune des transactions et nous payons l’hébergeur le lendemain de l’arrivée du voyageur après confirmation de son arrivée sur les lieux.
L’hébergeur peut s’inscrire sur BedyCasa et peut ajouter autant d’annonces qu’il le souhaite. BedyCasa lui propose également un véritable tableau de bord intuitif lui permettant d’éditer lui-même ses tarifs en fonction de la périodicité, de la saison, des évènements qui ont lieu dans sa région. Il peut également ajouter des tarifs promotionnels pendant les périodes creuses ou aussi des tarifs spéciaux lors d’évènements importants comme certains festivals. Par ailleurs, nous ne souhaitons pas inciter l’hébergeur à devenir hôtelier. Cela doit rester un simple complément de revenu non une activité professionnelle.

Quelles sont les contraintes juridiques pour cette activité? Est-ce qu’elle est encadrée par l’état?

Il existe un flou juridique sur l’activité de location de chambres chez l’habitant. Néanmoins, le législateur français a prévu une loi qui encadre la location de chambres d’hôtes qui se rapprocherait ainsi plus de la location de chambres chez l’habitant.
Enfin, il est par ailleurs bon de noter que la location d’une chambre chez soi ne doit pas être confondue avec la location de chambres d’hôtes; les chambres d’hôtes sont souvent assorties de prestations additionnelles et ces chambres d’hôtes se rapprochent bien plus du secteur hôtelier que d’une activité occasionnelle gérée par un particulier.

La crise n’était pas un facteur positif qui a participé à l’émergence de cette activité?

Evidemment ! Nous faisons tous face à des difficultés financières. C’est une économie disruptive amenée à s’intensifier et les mentalités vont évoluer. Nous sommes dans un écosystème où tout le monde doit s’adapter à un nouveau mode de consommation. Le logement chez l’habitant répond à des problématiques économiques et sociales, en France, en UE et dans le monde. Cela permet d’économiser 3 à 5 fois le budget que l’on aurait dépensé dans un hôtel.  Mais la chambre chez l’habitant ne doit pas remplacer l’hôtel : elle est une solution alternative et doit répondre à un besoin plutôt ponctuel.

Est-ce qu’il y a un système de modération qui détecte si l’hébergeur avait publié son annonce sur BedyCasa et dans les autres sites concurrents?

Nous n’avons pas intérêt à restreindre la cible et les offres. Les utilisateurs vont utiliser les sites qui vont rendre leur expérience agréable. Les hébergeurs vont s’inscrire sur plusieurs sites. Mais certains ne vont pas s’identifier à la cible proposée.

Quelles sont les prochaines stratégies de développement de BedyCasa?

Renforcer notre présence sur certaines zones : les régions françaises, l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre et l’Allemagne. Nous recherchons des responsables pour ces pays.
Nous allons également organiser notre communauté de façon à ce qu’elle soit active et relancer le “tour du monde chez l’habitant” l’année prochaine. L’objectif est de récompenser notre communauté. Il est donc question d’une stratégie de fidélisation pour croître par la suite naturellement via le bouche à l’oreille qui a toujours bien fonctionné chez BedyCasa.

L'équipe BedyCasa
L’équipe BedyCasa

BedyCasa en quelques chiffres:

  • 162 pays
  • 15 500 adresses chez l’habitant
  • 110 000 inscrits à la communauté
  • CA : 100% de croissance cette année par rapport à l’année précédente
  • 12 collaborateurs
  • 23% des produits génèrent 80% du CA

Merci Magali pour cette interview.

Retrouvez BedyCasa sur:

Oktoprod: 1er éditeur numérique de manga francophone

Vous êtes dessinateur ou dessinatrice de manga francophone et vous êtes à la recherche d’un éditeur? Oktoprod, le dernier gagnant du concours Startup Weekend-Marseille, est la solution ! C’est un éditeur 100% numérique spécialisé dans le manga francophone. Continue reading Oktoprod: 1er éditeur numérique de manga francophone

Zeenshare : annotez vos documents et partagez les!

Annoter et partager des documents n’est jamais été une tâche facile avec Zeenshare surtout si on cherche une solution indépendante des géants  Mircrosoft et Google.
Notre startup de cette semaine combine ces 2 tâches et nous propose une application web facile et intuitive pour optimiser la collaboration et le partage des documents dans les projets.

Continue reading Zeenshare : annotez vos documents et partagez les!