Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters

Orelsan et Gringe. Vous connaissez sûrement le premier, nationalement révélé par La terre est ronde -et si vous l’écoutiez avant, c’est encore mieux – rappeur de Caen, encensé lors de la sortie de son premier album. Vous n’avez peut-être pas entendu parler du second, présent au côté d’Orelsan depuis belle lurette. Les voilà à nouveau réunis, sous le pseudo de Casseurs Flowters, pour un album… bien à eux.

Orelsan et Gringe

Voilà la pochette d’Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters.

Orelsan, c’est quelques polémiques – en particulier celle autour du morceau St Valentin – mais aussi, et surtout, deux albums solo remarqués par la critique et le public : Perdu d’avance et Le chant des sirènes. Gringe, son ami et comparse depuis toujours l’accompagne sur ses deux albums. Au milieu des années 2000, ils lancent les Casseurs Flowters. Il faut attendre le 18 novembre 2013 pour les voir sortir un album. Une longue attente, qui s’explique par le fait que les deux potes ont mis du temps à percer, et à peaufiner leurs délires.

Second degré avant tout

Avant de lancer Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters, vous devriez écouter, ou réécouter, les deux albums solo d’Orelsan. C’est fait ? Bien. Maintenant, oubliez tout, et concentrez-vous sur l’humour décalé et les private joke. Oui, cette galette-là, c’est un délire entre potes, un album par eux, pour eux. À trente ans, ils sont perdus dans leur adolescence, et retracent une de leur journée de déchéance en un peu plus d’une heure.

D’ailleurs, ce n’est pas anodin si tout commence à 14h58. Un texte japonais, une parodie d’un générique de dessin animé des années 90, voilà l’ouverture de l’album. La suite n’est pas plus originale : glandage, portable et paresse, impossible de se méprendre, ce n’est pas du rap conscient. Le long des morceaux, on passe d’un réveil digne d’un lendemain de soirée, par les embrouilles entre potes, au temps perdu à traîner dehors puis à l’auto-promotion de leur flemmardise quasi-légendaire. C’est le genre de journée parfois chiante, parfois marquée par les dessins animés, par le temps perdu dans un abribus, c’est la médiocrité avant tout. Pour être plus concret, Orelsan continue de rapper comme à son habitude, flow mêlé à ses punchlines et l’instru élaborée par Skread. Gringe, moins connu que son compère, à fort à faire ici pour marquer les esprits. Quelques phrases bien senties et une voix bien plus grave qu’Orelsan lui permettent de se démarquer. Inutile de chercher du sens dans l’enchaînement des morceaux, cette journée perdue est totalement décousue. Au milieu de l’album arrive les deux singles Bloqué et La mort du disque. C’est là le paroxysme d’un ego trip marqué par leur no life tandis que les morceaux suivants sont bien moins décalés. Côté beat, l’inspiration est du côté des jeux vidéos 8 bit et des mangas si chers à Orelsan. D’ailleurs ces beats de Skread restent dans la lignée de ses productions précédentes sur Le chant des sirènes. Il n’empêche qu’ils sont prenants, et s’accordent parfaitement avec l’échange entre les deux rappeurs, point central de l’album.

C’est typiquement le genre d’albums qui ne plaira pas à tout le monde, et c’est justifié. Ces Casseurs Flowters viennent d’élaborer un album avec leurs blagues, leurs vies, leurs délires, et c’est parfois dur de se reconnaître dedans. On retient aussi une forte dose de je-m’en-foutisme et d’interludes qui viennent casser la bonne dynamique des morceaux. Au final, l’album compte plus de titres loufoques que de textes qui vous prennent direct au coeur. Malgré cela, le tout est bien senti. Les punchlines marchent, et l’ego trip d’Orelsan et Gringe se révèlent comme une bonne surprise. Les deux premiers singles, Bloqué et La mort du disque, ne suffisent pas à résumer l’esprit de cet album, et ce n’est pas plus mal. Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters, c’est un peu un concept, plus proche de la blague malvenue que de l’art de rue. Il n’empêche que cet album, c’est du rap, et c’est bien le leur.

From Here to Now to You: sea, surf and sun

Mardi 17 septembre, l’été est déjà loin. Le Concordia s’est relevé, et GTA V est officiellement en vente. C’est aussi le jour choisi par Jack Johnson, Hawaïen de 38 ans, ex-futur champion de surf, reconverti artiste, pour sortir son 6e album, From Here to Now to You. Après écoute, l’été ne me semble plus si loin finalement.

Aussi bon que ses prédécesseurs

La guitare est la base des compositions de Jack Johnson.

Avant de se concentrer sur les morceaux, mieux vaut reprendre par le début. Le jeune Jack, fils d’un pionnier du surf, semble promis à une belle carrière professionnelle sur sa planche. Une violente chute contre un récif l’amène à réfléchir. Il s’éloigne du haut niveau, et se consacre à des études de cinéma. Dans le même temps, Jack touche de plus en plus à la gratte, et se met même à composer. Tout doucement, il se forge une petite réputation, et, une fois diplômé, se consacre à un film sur le surf, Thicker Than Water, dont il réalise la bande-son. Tout s’accélère, Jack devient papa, sa musique plaît à ses amis, dont un certain Ben Harper, et en 2001, il sort finalement Brushfire Fairytales. Les ventes aux Etats-Unis dépassent le million en moins d’un an. Et dire que Jack ne se voyait pas musicien. Douze ans plus tard, From Here to Now to You est donc son 6e album.

En 12 titres et 41 minutes, Jack Johnson m’a convaincu. Oui, From Here to Now to You est aussi bon que ses prédécesseurs. Oui, Jack maîtrise les sonorités acoustiques comme personne, et oui, j’ai envie de me mettre au surf maintenant. I Got You, premier titre, ouvre délicatement l’album. Comme d’habitude, Jack et sa guitare assurent le boulot. On perçoit aussi que sa voix est doublée: l’une grave, l’autre plus aiguë, et le tout se laisse très bien écouter. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’il s’agit du premier single. Washing Dishes, second titre, est bien plus entraînant. Premier coup de cœur. Shot Reverse Shot se veut de la même trempe. Les rythmes sont variés, et la voix de Jack Johnson entêtante. Never Fade se pose en balade pour les amoureux. Les paroles sont on ne peut plus clair: <<It feels good to be the one, that you want, when all I want is you>>. Cinquième titre, Tape Deck, raconte comment lui et ses amis ont montés un groupe plutôt bancal, avec une guitare à 50$ et un batteur qui ne sait pas jouer. Là encore, il s’agit d’un de ses morceaux les plus énergiques – si j’ose dire. Deuxième coup de cœur. Un sixième morceau, qui passe un peu plus inaperçu que les précédents. As I Was Saying, en numéro sept, se révèle être une autre de ces ballades caractéristiques de l’Hawaïen, douce, tout comme You Remind Me Of You, le morceau suivant. Le deuxième single, Radiate, n’est pas le titre le plus marquant, mais cela ne signifie pas qu’il faut le zapper. Nouvelles balades des plus calmes, avec Ones And Zeros et Change où les accords de guitare sont mis à l’honneur. From Here to Now to You se conclut sur la chanson Home, dernière balade entraînante sur la nature. Énième preuve que l’ancien surfeur se soucie de l’environnement.

Au final, From Here to Now to You se révèle être un album d’une grande qualité. Jack Johnson, comme à l’accoutumée, parvient à nous faire voyager par-delà les mers, jusqu’à son île natale, le tout à l’aide de quelques accords et de sons acoustiques. En cette froide rentrée, on s’imagine allègrement prendre un bain de soleil, en attendant qu’une vague nous emmène plus loin.

Dix albums à écouter cet été

Ca y est, c’est l’été, ce qui signifie de longs trajets sur la route des vacances, du temps à passer avec ses amis, et pour ceux qui en ont la chance, du temps à tuer. Voilà donc une petite liste d’albums à écouter ou réécouter pour l’été. Dans le cas où Deezer ne propose pas ces fameuses galettes, pas de panique, un petit tour par Youtube ou Grooveshark, et tous vos soucis s’envolent.
Ps : ceci n’est pas un classement, les albums sont simplement listés.

1/ Random Access Memories, Daft Punk (2013)

Prévisible. Incontournable. Vous avez le choix. Pourtant, le dernier opus des Daft Punk mérite de s’y attarder. Il faut dire qu’il reste, selon moi, plus accessible que Homework ou Human After All par ses sonorités funk et disco. Les morceaux en featuring avec Pharell Williams sont taillés pour squatter votre mp3. Les autres, comme Giorgio by Moroder ou Touch, se découvrent et s’apprécient avec le temps. Coup de cœur personnel, Instant Crush, avec Julian Casablancas comme invité. La dernière production des deux robots Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo est clairement inévitable.

Nile Rodgers et Pharrell Williams sont présents sur plusieurs morceaux de l'album
Une chose est sûre, le buzz était total avec les extraits de “Get Lucky”.

2/ The 20/20 Experience, Justin Timberlake (2013)

Ce cher Justin Timberlake sait se faire désirer. Sept ans après son dernier album (dont on ne se lasse pas), il revient avec un opus plus long, plus travaillé. Certains morceaux étonnent par leur durée, se révèlent répétitifs, quand d’autres se laissent docilement écouter. Rien que par curiosité, et parce qu’il est d’ores et déjà un des albums de l’année, vous ne pouvez pas passer à côté.

3/ Yeezus, Kanye West (2013)

Tantôt il déçoit, tantôt il est acclamé. Personne n’y est indifférent. Pour ce nouvel album où papa Kanye montre qu’il apprécie sa personne – référence au morceau I Am a God -, c’est une avalanche de beats lourds, parfois trop, qui vous attend. Ajoutez une dose de vocodeur ici et là qui rend le tout vraiment inaudible si vous n’êtes pas d’humeur. Voire carrément insupportable comme sur Blood On The leaves. Oui oui, insupportable. Quelques morceaux sont plus corrects, à l’instar de Black Skinhead. À écouter pour se faire son avis personnel.

4/ The Golden Age, Woodkid (2013)

Pochette de “The Golden Age” de Woodkid. 

Un des phénomènes de l’année musicale française. Et même si tous les morceaux sont en anglais, on peut quand même se faire mousser. Allez, cocorico quoi ! Plus sérieusement, The Golden Age a un côté épique, des compositions dignes d’un orchestre philarmonique, une vraie touche de poésie, et des rythmes surpuissants de tambours. Certains se plaindront tout de même de quelques redondances en avançant dans leur écoute. Il n’en reste que pour un premier album, il est plus que correct, et ne lasse pas le moins du monde. Petit plus pour le bonhomme qui allie vidéos d’exception à ses morceaux.

5/ One, C418 (2012)

Totalement inconnu pour la plupart, C418 est le compositeur des musiques de Minecraft. Son album n’échappe pas à ce style bien reconnaissable. Pour les fans de musique électronique plutôt douce, ou pour ceux qui souhaitent renouveler les musiques du jeu avec des morceaux du même accabit, voici l’album One sur Grooveshark.

6/ The Next Day, David Bowie (2013)

Eh oui, David est encore là. Imaginez un peu que son premier album date de 1967. 46 ans plus tard, l’artiste continue de surprendre, avec un opus sorti de nul part. On reconnaît d’ailleurs la pochette d’Heroes, sorti en 1977, sous le carré blanc. Rien que pour sa carrière, c’est presque un devoir de l’écouter. Pour la musique ensuite, car on retrouve les sonorités propres à Bowie, et surtout sa voix. Côté morceaux à retenir, The Next Day – titre éponyme – ouvre parfaitement l’album. L’album est assez homogène, et donne envie de se replonger dans les premiers opus de Ziggy Stardust.

7/ Jazz, Queen (1978)

Impossible de passer à côté de la nouvelle publicité Visa. Mais si, celle où l’on voit un vieil homme rajeunir au fur et à mesure qu’il se sert de sa carte de crédit, tout en courant vers la maternité. Don’t Stop Me Now résonne tout le long de la pub’. Une bonne raison d’écouter l’album qui va avec. Ainsi, vous pourrez bien réagir quand quelqu’un – qui aura l’air bête à ce moment là – vous sortira la phrase maudite : « Ooh mais si je connais ça, c’est la musique de la pub avec le vieux ! ». Jazz est disponible ici.

8/ Don’t Forget Who You Are, Miles Kane (2013)

Miles Kane est un artiste à retenir.

Miles Kane, c’était un peu une surprise en 2011, avec Colour Of The Trap. Là, le bonhomme revient, toujours avec un son rock entraînant, et surtout une voix reconnaissable tout de suite ! Son premier album était un vrai succès, et le deuxième en est le digne successeur. Les morceaux sont bien montés, mais parfois un peu courts : aucun morceau n’atteint les 4 minutes, et l’album dure tout juste 32 minutes. Dommage, car on en redemande plus ! Mention spéciale au premier titre, Taking Over, qui fait figure de morceau phare.

9/ The Doors, The Doors (1967)

Aujourd’hui est le 42e anniversaire du décès de Jim Morrison. Une bonne raison comme une autre de revenir vers le disque qui a lancé le succès des Doors. Bardé de classiques, les onze morceaux sont juste excellents. L’album est difficilement critiquable. Encensé depuis sa sortie, il est désormais un des albums de rock les plus reconnus au monde. Vous pouvez aussi vous amuser à reconnaître certains morceaux, entendus dans des spots publicitaires, ou dans des films comme Apocalypse Now pour le morceau The End. Merci Grooveshark !

10/ Red, Taylor Swift (2012)

Eh oui. Il n’en plaira pas à tout le monde, pourtant la jeune chanteuse a réalisé plusieurs records de ventes avec son quatrième album. Meilleures ventes lors de la première semaine depuis 2002 (et Eminem avec The Eminem Show) et deuxième meilleur démarrage pour une artiste féminine (derrière Britney Spears en 2000). Ses six millions d’albums vendus parlent pour elle. Et côté artistique, on retrouve de nombreuses balades, entre pop et… pop. L’album surprend, s’écoute agréablement, parfait pour l’été. Notez que Taylor Swift, seulement âgée de 23 ans, connaît un grand succès outre-Atlantique depuis ses 17 ans. Rien que ça. Vous pourrez aussi mettre fin aux préjugés – dû surtout au fait qu’elle est encore moyennement connue en France – et vous forger votre propre avis sur Red, tout bénéf quoi !

Ps: tous les albums où le lien n’est pas indiqué sont disponibles sur Deezer. Facile à trouver quoi.

The Heavy, du rock et de la soul

Pour bien commencer cette nouvelle année, j’ai envie de m’attarder sur un groupe, mais pas n’importe lequel, un groupe britannique qui a eu la bonne idée de mélanger rock et soul. Le résultat ? Trois albums bardés de compositions rythmées rock et soul, le tout appuyé par des riffs lourds, les sonorités des cuivres très présentes et surtout la voix et les textes de Kelvin Swaby, le chanteur du groupe. A écouter sans modération. Ladies and gentlemen, here is The Heavy.

Disons-le tout de suite, leur musique m’a tellement enthousiasmé que je n’en suis presque pas objectif, mais passons, le but c’est de vous donner envie de les découvrir.

Mais qui sont-ils?

Kelvin Swaby, Dan Taylor, Spencer Page et Chris Ellul. Une voix, une guitare, une basse et une batterie. Swaby et Taylor se sont rencontrés à la fin des années 90. Ils deviennent rapidement amis, échangent de nombreux morceaux de musique, et décident plus tard de monter le groupe. Le plus frappant dans leurs compositions, c’est la diversité de leurs sources d’inspirations. Énormément de blues et de soul évidemment, mais aussi du rock, une touche de pop anglaise et parfois du rap. Un cinquième membre s’intègre au groupe, c’est Little Hannah Collins, qui occasionnellement officie au clavier et au choeur.

Leur premier album Great Vengeance And Furious Fire est sorti en 2007. S’ensuit leur signature au sein du label Ninja Tune, une tournée en Angleterre et aux États-Unis. Tout s’enchaîne vite, leur deuxième album est écrit pendant la tournée et sort en Octobre 2009. Plus tard, un soir de janvier, The Heavy se retrouve au Late Show with David Letterman. Impressionné par leur prestation, le présentateur vedette en redemande, s’entame alors un rappel de leur nouveau titre How You Like Me Now, une première dans l’histoire de l’émission (et le lien de la vidéo est juste là). Après plusieurs tournées, le groupe se met à l’écriture de son troisième album, et pour les fans, ils vont poster sur leur page ainsi que leur site une foule de chansons récapitulant leurs influences pour le nouvel album. The Glorious Dead est sorti au mois d’août 2012.

Trois albums, un talent jamais contesté

Revenons donc à leur premier album, s’il est plutôt court, c’est que The Heavy privilégie la qualité à la quantité, et on ne peut que les remercier. Dix chansons – ce premier album est ce qu’ils ont fait de plus soul jusque maintenant – et leur premier single That Kind Of Man est très présent, mais si vous voulez mon avis, des titres comme Colleen, titre assez lent mais puissant au niveau vocal, Set Me Free qui se révèle un peu plus pop ou encore Girl qui tend vers un phrasé rap et des sonorités proches du hip-hop méritent votre attention. Mais ne vous détrompez pas, aucun titre ne joue plus bas qu’un autre. Notez aussi In The Morning, titre qui rompt avec le reste de l’album par sa fougue et  son dynamisme.

Passons-en au deuxième album, nommé The House That Dirt Built. Il s’ouvre par le morceau Oh No Not You Again qui est clairement apparenté à un style très rock-garage, preuve que les influences ont peut-être évoluées et se sont élargies entre deux disques. Vient ensuite How You Like Me Now, n’en doutez pas, c’est le morceau-phare de cet album, impossible de passer à côté, et il faut bien dire que ses cuivres et son refrain entêtant ne vous aideront pas. S’ensuit Sixteen, morceau tout aussi accrocheur dû à sa sonorité bien particulière. Short Change Hero est clairement un des titres les plus marquants. On y retrouve un riff de guitare simple mais efficace, secondé par les mêmes notes jouées avec un violon, on s’imagine presque l’écouter derrière notre fenêtre un jour de pluie, et pourtant le titre n’a rien de larmoyant. Petite surprise dans cet album, c’est Cause For Alarm qui a des airs de morceaux venus tout droit de la Jamaïque. Encore une fois, le groupe essaie de varier ses productions. Clairement, cet album varie au niveau de ses influences mais n’oublie pas ses racines soul. Coup de coeur sur le morceau de fin, Stuck.

Enfin, le petit dernier de The Heavy, c’est donc l’album The Glorious Dead, et une chose est sûre, il n’a rien à envier à ses prédécesseurs. La galette s’ouvre magistralement avec Can’t Play Dead, un morceau qui va surement vous remuer (je ne fais pas exception à la règle), attendez-vous à quelques frissons en entendant les chœurs. Ici, la locomotive s’appelle What Makes a Good Man ?, le riff sonne lourd, les chœurs eux sonnent forts, c’est le premier morceau à avoir son clip, très soul, entêtant, bref, inévitable. Autre titre à écouter avec attention, The Big Bad Wolf, dans lequel la forte présence de cuivres donne au morceau un air d’hymne de fanfare mais avec une forte touche rock (il en existe une autre version plus rock, le lien est en ici). D’ailleurs côté rock, on note surtout les titres Same Ol’ et Just My Luck. Plus soul, vous apprécierez certainement The Lonesome Road ou encore Blood Dirt Love Stop qui conclut l’album. Une vraie réussite et un plaisir pour les oreilles.

La qualité avant tout

C’est l’évidence quand on écoute ces albums, le groupe ne se laisse pas entraîner par la durée et la quantité, ici, c’est la quantité qui prime. Et ça se ressent. Dix titres pour le premier album, onze pour le second, puis de nouveau dix pour le troisième. Si les albums ne brillent pas par leur durée, nul doute que vous serez secoués par ces compositions parfaitement maîtrisées. Rien à jeter, tout à garder. Je vous l’accorde, vous trouverez vite votre album préféré; au fil des écoutes, on se rend vite compte que si les trois sont très bons, Great Vengeance And Furious Fire et The House That Dirt Built semblent un cran au-dessus. Les morceaux apparaissent plus osés, plus entraînant, ou tout simplement plus touchant. Je parle ici d’ambiance générale dans les albums, de l’atmosphère qui s’en dégage. Et malheureusement, si The Glorious Dead s’avère être un bon album, il ne marque pas autant les esprits que les précédents. Cela s’explique par l’évolution du groupe, de leurs influences et donc de leur musique. On ne peut pas dire que la qualité va en décroissant, ce serait mentir. Disons simplement que leurs premières productions s’avèrent être d’une telle qualité, ils ont mis la barre si haute, que parfois, il est difficile d’égaler ses meilleures créations. Un avis subjectif bien sûr, et le mieux, c’est encore que vous puissiez forger le vôtre.

Rage Against The Machine, vingt ans déjà !

Le 3 Novembre 1992 paraissait ”Rage Against The Machine”, premier album du groupe éponyme. Pour fêter dignement l’évènement  le groupe fait paraître une réédition du mythique album, comportant des inédits de leur tout premier concert en 1991, de leur passage au Finsbury Park à Londres en 2010, mais aussi du mythique album remastérisé ainsi que de nombreux bonus que les fans sauront apprécier. Mais au-delà de l’aspect collector, intéressons-nous un peu plus au groupe et ce que les ”Rage” ont réalisés depuis leurs débuts.

visuel de l'album Rage Against the Machine
visuel de l’album Rage Against the Machine

Né dans le refus du système

Composé de Zack de La Rocha au chant, Tom Morello à la guitare, Tim Commerford à la basse et Brad Wilk, le groupe est connu pour son opposition farouche au gouvernement américain et au système capitaliste. Le groupe transmet par sa musique son sentiment de révolte et sa non-adhésion au système, dénonçant les maux qui rongent son pays, les Etats-Unis : ”Compromise, conformity, assimilation, submission, ignorance, hipocrisy, brutality the elite” (fin de Know Your Enemy). Littéralement traduit par ”rage envers le système”, cette virulence dans le nom du groupe se retrouve aussi  dans les textes très appuyés et engagés de De La Rocha, que l’on retrouve au fil des albums à hurler jusqu’à l’extinction de voix, particulièrement sur les titres Wake Up, ou Snakecharmer (sur l’album ”Evil Empire”), c’est d’ailleurs ses textes rapés et son énergie qui provoquent – entre autre – le succès du groupe.

Les riffs de guitare de Tom Morello, qui use sur la majorité des titres des pédales à effet, impriment une sonorité inédite aux productions des Rage Against The Machine, Tim Commerford et Brad Wilk complétant à merveille ce quatuor, amenant leurs influences funks et jazz dans les compositions. Autre fait intéressant, le groupe a choisi d’illustrer la pochette de son album par une célèbre photographie de Malcolm Browne, photographe récompensé du prix Pulitzer en 1964. Cette photographie représente un moine bouddhiste, Thich Quang Duc, s’immolant par le feu pour protester contre le régime sud-vietnamien de l’époque qui oppressait les pratiquants de la religion. Le choix de cette photographie repose sur la volonté du groupe de dénoncer l’impérialisme américain, tant par les textes de De La Rocha que le visuel de l’album.

Le groupe, en plus d’être aujourd’hui un incontournable du mouvement Fusion, entre le metal et le rap, en est également l’un des précurseurs, et c’est grâce à ”Rage Against The Machine” qu’il lance le mouvement. Si ces musiciens d’un nouveau genre ne sont pas les premiers à s’orienter vers ce style musical, c’est à eux que revient le mérite d’avoir définitivement lancé le genre dans les années 90’s, mouvement que d’autres ont suivis depuis : Linkin Park, Limp Bizkit, ou encore Enhancer pour ne citer que les plus connus.

Un album mythique

Dix titres, dix titres qui allient textes engagés, riffs endiablés et rythmes funks, une colère et un engagement brute de la part des membres du groupe. De Bombtrack, morceau explosif qui ouvre le disque, en passant par l’incontournable Killing In The Name, au rythme déchaîné et enfin le fameux ”Fuck yo’ I won’t do what ya’ tell me” qui a permis à l’album de s’imposer en Europe. Ce dernier titre est pour le grand public considéré comme la locomotive de l’album, et c’est effectivement difficile à contredire : aujourd’hui le riff est connu de tous, la chanson a d’ailleurs été reprise dans différents jeu comme Guitar Hero ou Grand Theft Auto.

L’album comporte deux morceaux plus heavy, Settle For Nothing et Fistful Of Steel (respectivement quatrième et huitième titres de l’album) , plus lents qui donnent une impression de coupure par rapport aux autres morceaux. Bullet In The Head, clame haut et fort que le gouvernement ment aux citoyens et qu’il ne faut surtout pas le croire. Zack de La Rocha se lâche littéralement sur ce morceau en hurlant plusieurs fois la phrase ”A bullet in your head” tandis que Brad Wilk accélère sensiblement les percussions à la batterie.

Puis vient Wake Up, aujourd’hui  très connu grâce à son intégration dans le générique de fin du film ”Matrix” des frères Wachowski, même si la chanson n’en reste pas moins excellente, tant dans les paroles (qui font référence à Martin Luther King) qu’au riff de Tom Morello s’alternant avec l’interminable cri de De La Rocha à la fin de la chanson. Dernier titre, Freedom, est un cri de soutien à Léonard Peltier, enfermé pour des crimes qu’il n’aurait pas commis, et cri de Zach de La Rocha tout court qui vient magistralement conclure l’album. Cet opus a d’ailleurs été reconnu par le magazine Rolling Stone comme le 365e meilleur album de tout les temps.

La reformation du groupe

En 2007, les quatre membres se sont retrouvés pour le festival Californien Coachella, l’occasion de jouer à nouveau ensemble après sept ans de séparation, la faute à Zack de La Rocha qui souhaitait se tourner vers une carrière personnelle et ne pensait plus pouvoir faire quelque chose de bien au sein du groupe. Ils enchaînent les festivals et continuent à se produire ensemble lors de concerts dans plusieurs villes aux États-Unis et dans le reste du monde, incluant entre autre un passage à Bercy. Mais alors que les concerts vont, des rumeurs de retour en studio pour un nouvel album circulent sur la toile, les membres du groupe mettent un terme à ces bruits, estimant qu’aujourd’hui de concert qu’ils n’étaient pas pour un nouvel opus. Fin des rumeurs.

Il n’en reste pas moins que le groupe est toujours d’actualité, tous ses albums studios ayant été certifiés ”platinum” (ou plus) aux États-Unis, vendus à plus d’un million d’exemplaires chacun. Désormais, les fans – moi compris ! – attendent patiemment qu’il revienne au groupe l’envie de produire un nouvel album. Dans le cas contraire, la réédition de ”Rage Against The Machine” et les inédits que l’on peut trouver, nous contenterons.

Pour les curieux, cliquez ici pour découvrir le clip de Bombtrack, titre d’ouverture de l’album

Coup 2 Crosse dans vos oreilles !

L’album tant attendu cet été des 4 DJ Nantais du groupe Coup 2 Crosse (C2C) est enfin sorti début septembre. “Tetra” -c’est son nom- renouvelle le genre électro, pour le plus grand plaisir de nos oreilles, et près d’un mois après sa sortie, l’album connaît déjà un grand succès : que peut-on en retenir ?

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Nine&Uzzo sous le rythme du tempo

Depuis  2009, Nine&Uzzo,  jeune duo guitare-voix, qui se compose de Ninon  chanteuse et de Dinh  guitariste, ne cesse de gravir les échelons dans le monde de la musique. Ils se révèlent auteurs-compositeurs interprètes ; Amoureux des mots disent-ils, ce milieu leur colle à la peau. Vous pouvez désormais découvrir leur univers pop, folk et variétés sur leur myspace.

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The Tallest Man On Earth. Ni Prine, ni Dylan.

Agé de presque vingt-neuf ans, Kristian Matsson est un jeune auteur, compositeur et interprète. Il est suédois et est marié à Amanda Bergman, une chanteuse tout aussi talentueuse que lui, dont le nom de scène est Idiot Wind. Il a précédemment fait partie du groupe Montezuma, dont le style musical est relativement différent de ce qu’il fait actuellement. Hormis ces brèves infos biographiques, on en sait très peu de la vie de ce charmant jeune homme. Continue reading The Tallest Man On Earth. Ni Prine, ni Dylan.