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Comment créer une startup?

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Startups

Créer une start-up est une aventure et un enjeu important pour chaque entrepreneur qui veut concrétiser son idée et proposer son produit/service au marché. C’est un rêve qui peut tourner au cauchemar s’il est mal maîtrisé.
Dans le processus de la création d’une start-up, plusieurs éléments et métiers entrent en jeu pour construire une base saine sur laquelle les différentes parties du processus vont s’imbriquer.
Une start-up, contrairement à ce que la majorité d’entrepreneurs pense, n’est pas seulement le produit/service mais également le business et le management qui assurent son développement, son lancement et sa pérennité. Si je devais attribuer un pourcentage à ces deux grandes parties, je mettrais 30% pour le produit/service et 70% pour le business.

A partir des années 2000, beaucoup de start-ups basées sur les nouvelles technologies se sont lancées rapidement et se sont heurtées à beaucoup de problèmes dans les différentes parties de leurs développements.

Un petit rappel sur le cycle de vie d’une start-up avec la nature du financement qui correspond à chaque partie :

Cycle de vie d'une startup

Cycle de vie d’une startup

Le processus de création :

Outre l’idée, qui est un élément fondamental qui pousse chaque entrepreneur à créer sa start-up, les différentes parties des bonnes pratiques que l’on pourrait distinguer dans le processus :

  • Le management : l’équipe, les compétences humaines et techniques. Derrière chaque start-up, se trouvent des hommes qui vont collaborer ensemble et mettre leurs compétences et leurs connaissances en commun au profit de la nouvelle entité. Déterminer les compétences requises pour réussir le projet est aussi important que la synergie entre les membres de l’équipe. Le recrutement demeure un des problèmes que rencontrent les jeunes entrepreneurs en phase de développement.
    Il faut aussi déterminer le type de management à utiliser, la répartition des tâches et leurs planifications pour optimiser au maximum la complémentarité de tous les membres. Cela heurte des fois à la personnalité de certaines personnes qui veulent travailler toutes seules, ou au contraire elles ne peuvent travailler qu’en équipe… d’où la difficulté d’étudier d’abord les profils de ces personnes avant de les intégrer. Il existe différentes façon d’y procéder : soit le fondateur fait appel à un cabinet de recrutement qui fera tout le processus de recrutement à sa place mais cela va lui coûter très cher, des coûts qui ne sont pas les bienvenus en phase de développement, soit il peut se retourner à son réseau d’amis, d’école, des connaissances pour dénicher les personnes qui lui semblent les meilleurs.
    Finalement, existe-il un mentor, un coach ou un consultant auquel l’entrepreneur peut lui demander des conseils ou un avis sur certaines difficultés? Beaucoup d’associations/incubateurs proposent ce service.
  • La stratégie marketing : les barrières pour entrer sur un marché, les concurrents et leurs marchés, la réponse des concurrents quand la start-up sera opérationnelle. Dès la première phase du développement de la start-up, il faut analyser le marché sur lequel l’entrepreneur souhaite s’installer. Est-ce une stratégie BtoB ou BtoC ? Il existe plusieurs outils qui peuvent l’aider dans cette tâche : le benchmark, les outils d’audits et d’analyse en marketing stratégique… La stratégie marketing définira les caractéristiques finales du produit/service en fonction du marché, faire connaître la start-up via la communication, le prix du produit/service… Le marketing aura une fonction transversale à travers plusieurs services en allant du développement jusqu’au pôle financier.
  • Les canaux de distribution : comment les produits/services vont être distribués? Cela pourra aider l’entrepreneur à définir sa stratégie de logistique : comment les clients finaux vont-ils procurer le produit? est-ce qu’ils vont le commander sur internet? si oui, un site internet doit être développé ; l’acheminement se fera-t-il par La Poste ou par des livreurs spécialisés?
    Est-ce qu’ils peuvent l’acheter dans des boutiques ? Si oui, ce sont des partenaires ou des boutiques propres à la start-up?
    Il existe plusieurs scénarios ou de canaux de distribution, l’entrepreneur doit en choisir un ou plusieurs et intégrer par la suite son ou ses coût(s) dans le prix final du produit.
  • Le produit/service : quel est le produit ? son degré de compétitivité, les avantages et les inconvénients de ce produit, est-il breveté ? Agilité ? Une analyse globale du produit/service et la production d’un prototype sont importantes pour déterminer toutes les caractéristiques. Si la start-up propose un produit, est-ce qu’il est une copie innovée d’un produit qui existe déjà ? ou a-t-elle inventé un nouveau produit ? Est-ce que les recherches conduites sont brevetées ? Si non, il faut les breveter avant d’aller sur le marché. Il faut aussi mesurer l’écart entre ce produit et ceux de la concurrence (direct et indirecte) pour pouvoir déterminer le degré de compétitivité, un argument essentiel dans la stratégie marketing pour identifier le prix et un argument lourd face aux futurs investisseurs.
    Est-ce que la start-up peut assurer la fabrication du produit ? Si oui, il faut identifier les fournisseurs potentiels des matières premières, si non il faut identifier les entreprises chez qui la start-up peut outsourcer la fabrication. Quelle est la capacité maximale de production de ces entreprises ?
    Si la start-up propose un service, il faut s’assurer de la sécurité de ce service et qu’il n’est pas copiable facilement : par exemple, ne pas dévoiler toutes les caractéristiques du produits dans une campagne de pub et se restreindre aux éléments qui le différencient de la concurrence.
  • Les clients : qui sont-ils? comment  les acquérir ? les fidéliser ? Il faut effectuer une segmentation pour déterminer avec quel type de clientèle la start-up va faire affaire; vendre un produit/service à des jeunes de 25 ans n’est pas pareil qu’avec un retraité. Cela permettra aussi à la start-up de dénicher des éventuelles niches. Les statistiques démographiques et  sociologiques sont importantes et qui peuvent influencer les caractéristiques du produit final.
    Une fois les clients identifiés, comment la start-up va faire pour les acquérir? et les fidéliser par la suite? Cet élément rejoint la stratégie marketing et commerciale pour assurer la pérennité et la croissance du chiffre d’affaires. Ce dernier point est très important et peut être utilisé comme un argument pour convaincre les investisseurs qui misent plus sur le futur de la structure qu’à son présent.
  • Le financement : comment financer cette start-up ? quels sont les différents types de ressources que la start-up pourrait demander ? Avant de poser ces questions-là, il faut d’abord créer un plan de financement, faire un bilan prévisionnel et un compte de résultats sur plusieurs années. Il faut aussi suivre les dépenses et actualiser ces tableaux constamment. Les chiffres peuvent changer toujours tout au long de la phase du développement jusqu’au lancement. Ces tableaux vous donneront une idée globale des dépenses et des revenues et vont permettre à l’entrepreneur de valoriser sa start-up.
  • La sortie : si la start-up n’a pas l’accueil prévu, comment pourrait-elle sortir du marché avec le moins de dégâts possibles ? Etes-vous prêt à la vendre ? Beaucoup d’entrepreneur oublient de traiter ce dernier point, et pourtant il est très important. Soyons d’abord optimiste et disons que la start-up va rencontrer un gros succès qu’une entreprise concurrente va proposer à l’entrepreneur de la racheter ou la fusionner avec la leur. Est-ce qu’il sera d’accord? Si oui, il faut s’armer des bons avocats et des analystes financiers pour l’aider à finaliser ces étapes.
    Si l’entreprise ne rencontre pas le succès prévu, comment œuvrer une sortie avec les moins de dégâts? Si les produits sont sous-traités par des entreprises tierces, il faut bien négocier les contrats en y incluant des clauses qui évoquent ce genre de situation. Il faut prévoir aussi un plan B : peut-être un autre marché, une autre cible, modifier le produit, revoir sa stratégie commerciale… beaucoup de scénarii que l’entrepreneur ne pourra pas y penser le jour J quand il est sous le choc !

Beaucoup d’entrepreneurs ne savent pas ou oublient ces différentes parties et se focalisent sur quelques-unes, notamment le produit et le financement et survolent rapidement les autres parties. Respecter ce processus est la certitude que la start-up est construite sur des bases solides. La réussite de la start-up dépendra par la suite des résultats de chacune de ces parties.

Product is not king!

Une fois que vous avez la réponse à tous ces points, vous pourrez les inclure à votre business plan et créer votre business model.

Oubliez la notion « product is king » qui ne représente qu’un faible pourcentage de la réussite et l’échec d’une start-up !
Une start-up ne se base jamais sur un produit mais sur un business. Pour assurer la pérennité de ce business, il faut s’assurer d’abord de sa solidité et ces points pourraient éviter à l’entrepreneur de  commettre les grosses erreurs.

Je fais partie de l’école qui croit que ce sont les offres qui structurent les marchés et non pas l’inverse. Donc si une start-up échoue, il faut blâmer ses fondateurs en première partie… J’exagère un peu, mais c’est la réalité malheureusement.

L’entrepreneuriat reste avant tout « un esprit d’action » et pas seulement des documents, des feuilles d’Excel, de sondages, d’analyse… La création d’une start-up n’est pas une science exacte.

Beaucoup d’entrepreneurs avaient réussi à créer et à développer leurs start-ups sans suivre ces points, d’autres avaient échoué. A vous, seul,  d’évaluer votre maturité entrepreneuriale et votre degré de risque.

Imad Bousaid

Fondateur et responsable de publication d'Analyze Thiz. Il s'intéresse à la finance, la stratégie et la photographie.

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