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Dans les coulisses du rachat des dettes publiques par la BCE

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Mario Draghi, le président de la banque centrale européenne (BCE) nous a présenté jeudi 6 septembre le nouveau programme de la banque de rachat des dettes publiques, l’Outright Monetary Transactions (OMT). C’est le 2ème programme que la BCE lance après le Securities Markets Programme (SMP). Ces programmes ne résolvent en aucun cas les problèmes de finances publiques des pays concernés, mais ils les aident à diminuer la prime de risque liée aux doutes sur leurs capacités à rembourser leurs dettes.

Logo de la BCE

SMP

Le SMP a été lancé le 10 mai 2012 et a permis à la BCE d’intervenir sur le marché obligatoire secondaire des dettes afin d’acheter des obligations d’Etat. La BCE a acheté des dettes des pays des PIIGS : Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne. Le SMP contrôle l’écartement de crédit (Spread), il assure la solvabilité et évite que les taux d’intérêts des dettes de ces pays ‘augmentent. Son impact a été temporaire et limité.

En 1992, le Traité de Masstricht avait interdit ce type d’intervention, mais l’interdiction avait été levée à l’occasion du lancement du SMP, à condition que la BCE détruise le montant de la monnaie équivalant au montant créé lors du rachat de dette (opérations stérilisées). Dans le cas contraire, nous aurions assisté à une inflation dans la zone monétaire. La « destruction » de la monnaie se fait par une procédure d’emprunt qu’effectue la BCE auprès des banques équivalent au montant de l’argent créé lors de la SMP.

Le SMP s’est arrêté début 2012 et le montant total détenu par la BCE s’élève à présent à 219 milliards d’euros (au 20 janvier 2012), ce qui représente environ 10% du total de ses actifs.

Achats de dettes publiques par la BCE via le programme SMP

OMT

Le 6 septembre dernier, la BCE a lancé son deuxième mécanisme d’aide aux Etats de la zone euro en difficulté, baptisé: Outright Monetary Transactions (OMT) ou opérations monétaires sur titres. Ce programme vise, comme son prédécesseur, à restaurer la confiance des investisseurs et à éviter une récession en 2013 dans la zone euro (la BCE prévoit une croissance de 0.5% en 2013). Il va aider en particulier les pays lourdement endettés qui se refinancent à taux élevés sur les marchés en achetant leurs obligations souveraines. Par ailleurs, la BCE a conservé le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement à 0,7%, ceux de la facilité de prêt marginal à 1,5% et ceux de la facilité de dépôt à 0,00%.

La BCE achète sur le marché secondaire les obligations de maturité de court et moyen terme; l’échéance va de un à trois ans. Ce programme n’a pas de limite quantitative et les opérations doivent être, comme pour le SMP, stérilisées!

Les pays souhaitant une telle intervention doivent formuler une demande d’aide auprès du fonds européen de stabilité financière (FESF). Et en contrepartie, ils doivent s’engager à mettre en place à des reformes budgétaires et le Fond Monétaire International (FMI) veille au respect de ces conditions.

Ce programme a été bien accueilli par l’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les différents marchés européens et l’euro est monté à son niveau le plus élevé depuis 2 mois à 1.2652$. Mais il a été fortement critiqué par Jens Zeindemann, président de la banque centrale Allemande  (Bundesbank) et membre du conseil central de la BCE qui y voit trop de facilité pour les pays aidés et craint qu’ils ne respectent pas les réformes et les surveillances budgétaires.

Sources: ECB, Gecodia

Imad Bousaid

Fondateur et responsable de publication d'Analyze Thiz. Il s'intéresse à la finance, la stratégie et la photographie.

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2 Commentaires

  1. Un nouvel article est en ligne: http://t.co/dGm8kEo2
    Bonne journée à tous!
    #AnalyzeThiz

  2. Dans les coulisses de rachat des dettes publiques par la BCE http://t.co/ttlaR5rc via @AnalyzeThiz

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