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The Heavy, du rock et de la soul

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Pour bien commencer cette nouvelle année, j’ai envie de m’attarder sur un groupe, mais pas n’importe lequel, un groupe britannique qui a eu la bonne idée de mélanger rock et soul. Le résultat ? Trois albums bardés de compositions rythmées rock et soul, le tout appuyé par des riffs lourds, les sonorités des cuivres très présentes et surtout la voix et les textes de Kelvin Swaby, le chanteur du groupe. A écouter sans modération. Ladies and gentlemen, here is The Heavy.

Disons-le tout de suite, leur musique m’a tellement enthousiasmé que je n’en suis presque pas objectif, mais passons, le but c’est de vous donner envie de les découvrir.

Mais qui sont-ils?

Kelvin Swaby, Dan Taylor, Spencer Page et Chris Ellul. Une voix, une guitare, une basse et une batterie. Swaby et Taylor se sont rencontrés à la fin des années 90. Ils deviennent rapidement amis, échangent de nombreux morceaux de musique, et décident plus tard de monter le groupe. Le plus frappant dans leurs compositions, c’est la diversité de leurs sources d’inspirations. Énormément de blues et de soul évidemment, mais aussi du rock, une touche de pop anglaise et parfois du rap. Un cinquième membre s’intègre au groupe, c’est Little Hannah Collins, qui occasionnellement officie au clavier et au choeur.

Leur premier album Great Vengeance And Furious Fire est sorti en 2007. S’ensuit leur signature au sein du label Ninja Tune, une tournée en Angleterre et aux États-Unis. Tout s’enchaîne vite, leur deuxième album est écrit pendant la tournée et sort en Octobre 2009. Plus tard, un soir de janvier, The Heavy se retrouve au Late Show with David Letterman. Impressionné par leur prestation, le présentateur vedette en redemande, s’entame alors un rappel de leur nouveau titre How You Like Me Now, une première dans l’histoire de l’émission (et le lien de la vidéo est juste là). Après plusieurs tournées, le groupe se met à l’écriture de son troisième album, et pour les fans, ils vont poster sur leur page ainsi que leur site une foule de chansons récapitulant leurs influences pour le nouvel album. The Glorious Dead est sorti au mois d’août 2012.

Trois albums, un talent jamais contesté

Revenons donc à leur premier album, s’il est plutôt court, c’est que The Heavy privilégie la qualité à la quantité, et on ne peut que les remercier. Dix chansons – ce premier album est ce qu’ils ont fait de plus soul jusque maintenant – et leur premier single That Kind Of Man est très présent, mais si vous voulez mon avis, des titres comme Colleen, titre assez lent mais puissant au niveau vocal, Set Me Free qui se révèle un peu plus pop ou encore Girl qui tend vers un phrasé rap et des sonorités proches du hip-hop méritent votre attention. Mais ne vous détrompez pas, aucun titre ne joue plus bas qu’un autre. Notez aussi In The Morning, titre qui rompt avec le reste de l’album par sa fougue et  son dynamisme.

Passons-en au deuxième album, nommé The House That Dirt Built. Il s’ouvre par le morceau Oh No Not You Again qui est clairement apparenté à un style très rock-garage, preuve que les influences ont peut-être évoluées et se sont élargies entre deux disques. Vient ensuite How You Like Me Now, n’en doutez pas, c’est le morceau-phare de cet album, impossible de passer à côté, et il faut bien dire que ses cuivres et son refrain entêtant ne vous aideront pas. S’ensuit Sixteen, morceau tout aussi accrocheur dû à sa sonorité bien particulière. Short Change Hero est clairement un des titres les plus marquants. On y retrouve un riff de guitare simple mais efficace, secondé par les mêmes notes jouées avec un violon, on s’imagine presque l’écouter derrière notre fenêtre un jour de pluie, et pourtant le titre n’a rien de larmoyant. Petite surprise dans cet album, c’est Cause For Alarm qui a des airs de morceaux venus tout droit de la Jamaïque. Encore une fois, le groupe essaie de varier ses productions. Clairement, cet album varie au niveau de ses influences mais n’oublie pas ses racines soul. Coup de coeur sur le morceau de fin, Stuck.

Enfin, le petit dernier de The Heavy, c’est donc l’album The Glorious Dead, et une chose est sûre, il n’a rien à envier à ses prédécesseurs. La galette s’ouvre magistralement avec Can’t Play Dead, un morceau qui va surement vous remuer (je ne fais pas exception à la règle), attendez-vous à quelques frissons en entendant les chœurs. Ici, la locomotive s’appelle What Makes a Good Man ?, le riff sonne lourd, les chœurs eux sonnent forts, c’est le premier morceau à avoir son clip, très soul, entêtant, bref, inévitable. Autre titre à écouter avec attention, The Big Bad Wolf, dans lequel la forte présence de cuivres donne au morceau un air d’hymne de fanfare mais avec une forte touche rock (il en existe une autre version plus rock, le lien est en ici). D’ailleurs côté rock, on note surtout les titres Same Ol’ et Just My Luck. Plus soul, vous apprécierez certainement The Lonesome Road ou encore Blood Dirt Love Stop qui conclut l’album. Une vraie réussite et un plaisir pour les oreilles.

La qualité avant tout

C’est l’évidence quand on écoute ces albums, le groupe ne se laisse pas entraîner par la durée et la quantité, ici, c’est la quantité qui prime. Et ça se ressent. Dix titres pour le premier album, onze pour le second, puis de nouveau dix pour le troisième. Si les albums ne brillent pas par leur durée, nul doute que vous serez secoués par ces compositions parfaitement maîtrisées. Rien à jeter, tout à garder. Je vous l’accorde, vous trouverez vite votre album préféré; au fil des écoutes, on se rend vite compte que si les trois sont très bons, Great Vengeance And Furious Fire et The House That Dirt Built semblent un cran au-dessus. Les morceaux apparaissent plus osés, plus entraînant, ou tout simplement plus touchant. Je parle ici d’ambiance générale dans les albums, de l’atmosphère qui s’en dégage. Et malheureusement, si The Glorious Dead s’avère être un bon album, il ne marque pas autant les esprits que les précédents. Cela s’explique par l’évolution du groupe, de leurs influences et donc de leur musique. On ne peut pas dire que la qualité va en décroissant, ce serait mentir. Disons simplement que leurs premières productions s’avèrent être d’une telle qualité, ils ont mis la barre si haute, que parfois, il est difficile d’égaler ses meilleures créations. Un avis subjectif bien sûr, et le mieux, c’est encore que vous puissiez forger le vôtre.

Thomas Toussaint

Etudiant en Information & Communication, depuis quelques il se verrait bien journaliste. En attendant, il traîne sur le net, lit des articles, s’intéresse un peu à tout, et tente de finir ses études sans fausse note. Il aime faire du BMX, le badminton, écouter de la musique à peu près tout les jours, voire plus ; sinon jouer, sortir, faire du sport, lire, bref, toujours actif ! 20 ans.

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