Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters

Orelsan et Gringe. Vous connaissez sûrement le premier, nationalement révélé par La terre est ronde -et si vous l’écoutiez avant, c’est encore mieux – rappeur de Caen, encensé lors de la sortie de son premier album. Vous n’avez peut-être pas entendu parler du second, présent au côté d’Orelsan depuis belle lurette. Les voilà à nouveau réunis, sous le pseudo de Casseurs Flowters, pour un album… bien à eux.

Orelsan et Gringe

Voilà la pochette d’Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters.

Orelsan, c’est quelques polémiques – en particulier celle autour du morceau St Valentin – mais aussi, et surtout, deux albums solo remarqués par la critique et le public : Perdu d’avance et Le chant des sirènes. Gringe, son ami et comparse depuis toujours l’accompagne sur ses deux albums. Au milieu des années 2000, ils lancent les Casseurs Flowters. Il faut attendre le 18 novembre 2013 pour les voir sortir un album. Une longue attente, qui s’explique par le fait que les deux potes ont mis du temps à percer, et à peaufiner leurs délires.

Second degré avant tout

Avant de lancer Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters, vous devriez écouter, ou réécouter, les deux albums solo d’Orelsan. C’est fait ? Bien. Maintenant, oubliez tout, et concentrez-vous sur l’humour décalé et les private joke. Oui, cette galette-là, c’est un délire entre potes, un album par eux, pour eux. À trente ans, ils sont perdus dans leur adolescence, et retracent une de leur journée de déchéance en un peu plus d’une heure.

D’ailleurs, ce n’est pas anodin si tout commence à 14h58. Un texte japonais, une parodie d’un générique de dessin animé des années 90, voilà l’ouverture de l’album. La suite n’est pas plus originale : glandage, portable et paresse, impossible de se méprendre, ce n’est pas du rap conscient. Le long des morceaux, on passe d’un réveil digne d’un lendemain de soirée, par les embrouilles entre potes, au temps perdu à traîner dehors puis à l’auto-promotion de leur flemmardise quasi-légendaire. C’est le genre de journée parfois chiante, parfois marquée par les dessins animés, par le temps perdu dans un abribus, c’est la médiocrité avant tout. Pour être plus concret, Orelsan continue de rapper comme à son habitude, flow mêlé à ses punchlines et l’instru élaborée par Skread. Gringe, moins connu que son compère, à fort à faire ici pour marquer les esprits. Quelques phrases bien senties et une voix bien plus grave qu’Orelsan lui permettent de se démarquer. Inutile de chercher du sens dans l’enchaînement des morceaux, cette journée perdue est totalement décousue. Au milieu de l’album arrive les deux singles Bloqué et La mort du disque. C’est là le paroxysme d’un ego trip marqué par leur no life tandis que les morceaux suivants sont bien moins décalés. Côté beat, l’inspiration est du côté des jeux vidéos 8 bit et des mangas si chers à Orelsan. D’ailleurs ces beats de Skread restent dans la lignée de ses productions précédentes sur Le chant des sirènes. Il n’empêche qu’ils sont prenants, et s’accordent parfaitement avec l’échange entre les deux rappeurs, point central de l’album.

C’est typiquement le genre d’albums qui ne plaira pas à tout le monde, et c’est justifié. Ces Casseurs Flowters viennent d’élaborer un album avec leurs blagues, leurs vies, leurs délires, et c’est parfois dur de se reconnaître dedans. On retient aussi une forte dose de je-m’en-foutisme et d’interludes qui viennent casser la bonne dynamique des morceaux. Au final, l’album compte plus de titres loufoques que de textes qui vous prennent direct au coeur. Malgré cela, le tout est bien senti. Les punchlines marchent, et l’ego trip d’Orelsan et Gringe se révèlent comme une bonne surprise. Les deux premiers singles, Bloqué et La mort du disque, ne suffisent pas à résumer l’esprit de cet album, et ce n’est pas plus mal. Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters, c’est un peu un concept, plus proche de la blague malvenue que de l’art de rue. Il n’empêche que cet album, c’est du rap, et c’est bien le leur.

L’Illusion de Barbara Scerbo

Elle est jeune, très jeune même, et pourtant, son dernier projet photographique a fait la une des blogs photo à travers le monde entier.
Elle s’appelle Barbara Scerbo, et elle a accordé à Analyze Thiz une interview inédite pour nous parler d’elle, de ses projets et de son état d’esprit.

Barbara Scerbo
Barbara Scerbo

Bonjour Barbara, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Je m’appelle Barbara Scerbo. J’ai 19 ans et je suis née à Caltagirone, en Sicile. J’ai fini le lycée (Ettore Majorana) cette année et j’ai déménagé à Rome pour étudier la photographie et améliorer mes compétences avec des professionnels à la Roman School of Photography.
Mes parents m’ont toujours aidée et soutenue dans mes choix et l’investissement dans le matériel de photographie. J’espère que je n’ai pas fait le mauvais choix.

Quelle est votre source d’inspiration?

Je n’ai pas une source d’inspiration particulière. Je peux la trouver dans un visage, un endroit, dans une maison bien décorée. L”inspiration me parvient au travers d’autres personnes, de mes amis. D’ailleurs, ils m’ont proposé beaucoup d’idées qui sont souvent brillantes !

Comment avez-vous appris la photographie?

Ma passion pour la photographie est née après avoir vu les photos prises en Inde par un collègue de ma mère. Mon père m’a offert un appareil CoolPix. Depuis, je lis beaucoup de livres sur la photographie, je regarde des tutos sur YouTube et je discute avec des professionnels.

Parlez-nous un peu de votre dernier projet artistique “Illusion”. Quel est le message que vous voulez transmettre?

Le projet “Illusion” était un vrai challenge. Je l’ai réalisé à la demande de mon ami Angelo. Ce n’était pas une idée nouvelle, mais comme chaque photographe, j’essaie de retravailler une idée existante avec mes propres points de vue et apposer ma touche personnelle pour la rendre originale.
Le but n’était pas de transmettre des émotions comme dans les photo-reportages : les modèles n’établissent aucun contact avec ceux qui regardent la photo. Je ne raconte aucune histoire non plus. C’est un jeu de lumière qui, sans la photographie, n’aurait pu être vu à l’œil nu.

Comment l’avez-vous  effectué?

C’est très simple : j’ai pris 2 photos, une avec le modèle, une sans. Ensuite, j’ai superposé les 2 photos avec Photoshop.

Comment décriviez-vous votre style?

Je n’ai pas encore un style qui m’est propre. Peut-être que d’ici quelques années j’en aurai un.

Quel est votre matériel?

Appareil : Nikon D7000
Objectifs : Nikkor 35mm f/2.8 and Nikkor 55-200mm f/4-5.6 Zoom
Logiciel : Photoshop CS6

Travaillez- vous en Freelance ou au sein d’une agence?

Je suis actuellement en freelance. Mais quand j’aurai fini mon école, je collaborerai avec une agence.

Si vous n’étiez pas photographe, vous seriez…

Médecin vétérinaire. C’était mon deuxième rêve.

Quelle est votre photo préférée? et pourquoi?

L’une des photos que j’aime beaucoup :

Barbara Scerbo
Barbara Scerbo

C’était un projet que j’ai effectué en collaboration avec Federica Quattrocchi (fashion designer), Simona Gazzano (modèle) et Leo Aerografie (body painter). J’aime sa froideur et le jeu de lumière.

Quelles sont tes anciens et futurs projets?

Mes principaux anciens projets sont “The Women robot” et “Tiptoe”.
The Woman robot : c’est à propos d’une femme robot qui voulait être normale mais elle ne pouvait pas comme elle est connectée et submergée par la technologie.
Le deuxième est un hommage à la danse, le plus beau des arts !

Un dernier mot?

Malgré que le monde de la photographie soit très ouvert à tout le monde, y faire une place est toujours difficile et les photographes doivent croire à leur potentiel. La vie n’est pas juste faite des rêves, mais d’une réalité compliquée, un engagement constant, un sacrifice et de la chance ! Et il est toujours utile d’avoir un plan B de côté.

Merci Barbara.

Vous trouverez Barbara Scerbo sur :

From Here to Now to You: sea, surf and sun

Mardi 17 septembre, l’été est déjà loin. Le Concordia s’est relevé, et GTA V est officiellement en vente. C’est aussi le jour choisi par Jack Johnson, Hawaïen de 38 ans, ex-futur champion de surf, reconverti artiste, pour sortir son 6e album, From Here to Now to You. Après écoute, l’été ne me semble plus si loin finalement.

Aussi bon que ses prédécesseurs

La guitare est la base des compositions de Jack Johnson.

Avant de se concentrer sur les morceaux, mieux vaut reprendre par le début. Le jeune Jack, fils d’un pionnier du surf, semble promis à une belle carrière professionnelle sur sa planche. Une violente chute contre un récif l’amène à réfléchir. Il s’éloigne du haut niveau, et se consacre à des études de cinéma. Dans le même temps, Jack touche de plus en plus à la gratte, et se met même à composer. Tout doucement, il se forge une petite réputation, et, une fois diplômé, se consacre à un film sur le surf, Thicker Than Water, dont il réalise la bande-son. Tout s’accélère, Jack devient papa, sa musique plaît à ses amis, dont un certain Ben Harper, et en 2001, il sort finalement Brushfire Fairytales. Les ventes aux Etats-Unis dépassent le million en moins d’un an. Et dire que Jack ne se voyait pas musicien. Douze ans plus tard, From Here to Now to You est donc son 6e album.

En 12 titres et 41 minutes, Jack Johnson m’a convaincu. Oui, From Here to Now to You est aussi bon que ses prédécesseurs. Oui, Jack maîtrise les sonorités acoustiques comme personne, et oui, j’ai envie de me mettre au surf maintenant. I Got You, premier titre, ouvre délicatement l’album. Comme d’habitude, Jack et sa guitare assurent le boulot. On perçoit aussi que sa voix est doublée: l’une grave, l’autre plus aiguë, et le tout se laisse très bien écouter. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’il s’agit du premier single. Washing Dishes, second titre, est bien plus entraînant. Premier coup de cœur. Shot Reverse Shot se veut de la même trempe. Les rythmes sont variés, et la voix de Jack Johnson entêtante. Never Fade se pose en balade pour les amoureux. Les paroles sont on ne peut plus clair: <<It feels good to be the one, that you want, when all I want is you>>. Cinquième titre, Tape Deck, raconte comment lui et ses amis ont montés un groupe plutôt bancal, avec une guitare à 50$ et un batteur qui ne sait pas jouer. Là encore, il s’agit d’un de ses morceaux les plus énergiques – si j’ose dire. Deuxième coup de cœur. Un sixième morceau, qui passe un peu plus inaperçu que les précédents. As I Was Saying, en numéro sept, se révèle être une autre de ces ballades caractéristiques de l’Hawaïen, douce, tout comme You Remind Me Of You, le morceau suivant. Le deuxième single, Radiate, n’est pas le titre le plus marquant, mais cela ne signifie pas qu’il faut le zapper. Nouvelles balades des plus calmes, avec Ones And Zeros et Change où les accords de guitare sont mis à l’honneur. From Here to Now to You se conclut sur la chanson Home, dernière balade entraînante sur la nature. Énième preuve que l’ancien surfeur se soucie de l’environnement.

Au final, From Here to Now to You se révèle être un album d’une grande qualité. Jack Johnson, comme à l’accoutumée, parvient à nous faire voyager par-delà les mers, jusqu’à son île natale, le tout à l’aide de quelques accords et de sons acoustiques. En cette froide rentrée, on s’imagine allègrement prendre un bain de soleil, en attendant qu’une vague nous emmène plus loin.

Bienvenue AV Mag

Nous vous présentons aujourd’hui un nouveau magazine en ligne : AV Mag. Ce n’est pas un énième magazine féminin comme l’on en trouve actuellement sur la toile. Ce magazine veut revenir aux sources, c’est-à-dire blogging = passion avant d’être un métier.

Logo AV Mag
Logo AV Mag

Nous avons rencontré Auriane Denis, qui est à l’origine de ce projet, lors de la soirée du lancement et qui nous a parlé un peu plus en détails. Ce magazine est rédigé par un collectif d’une douzaine de blogueuses volontaires qui veulent “revenir à l’origine” des blogs et partager leur passion dans différents domaines. Ces blogs sont actuellement régis par les marques, les échantillons et les produits qui sont pour la plupart trop chers pour être à la portée de tout le monde.

Les blogueuses d’AV Mag veulent proposer aux lectrices des idées et des plans accessibles à tous les porte-monnaie. Elles veulent aussi faire découvrir des jeunes créateurs qui exposeront leurs créations dans ses colonnes. Auriane ne fait qu’indiquer la ligne éditoriale principale et laisse la liberté aux blogueuses d’exprimer leur passion.
Le magazine se composera de différentes rubriques : la mode et tendance, des recettes culinaires, des plans inédits et du lifestyle.
Le magazine est accessible gratuitement sur LeKiosk.com. On vous laisse découvrir le premier numéro et nous commenter vos premières impressions.

Quelques idées de lectures à emporter en vacances

Le mois d’août, la plage, la campagne, le soleil. Où que vous soyez ne partez pas en vacances sans emporter des livres. Analyze Thiz a sélectionné pour vous quelques idées de lectures qui vous permettront de vous évader ! Que vous aimiez plutôt les thrillers, les livres surréalistes ou encore les classiques voici des livres à lire ou à relire. Faites votre choix parmi la sélection que nous vous avons concoctée.

Middlesex de Jeffrey Eugenides

Middlexex, Jeffrey EugenidesMiddlesex est la singulière histoire de Calliope. Pourquoi singulière ? Parce que Calliope n’est pas une fille comme les autres, elle est hermaphrodite, une particularité dont la cause serait un secret de famille… Elle/il nous raconte le parcours qui lui a permis de choisir son sexe. Epopée familiale,  humour, ironie, une liste d’ingrédients qui font toute l’originalité de ce roman. Une histoire qui débute en Grèce dans les années vingt et qui se termine aux Etats-Unis dans les années 1970. L’auteur, que l’on connaît aussi pour son célèbre livre Virgin Suicide nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. C’est un roman que l’on dévore !

L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

L'ombre du vent, Carlos Ruiz ZafonSi vous aimez les livres, vous ne pouvez pas rester insensible à ce roman. Il nous raconte l’histoire du jeune Daniel Sempere qui se déroule à Barcelone juste après la guerre civile. Un beau jour son père, bouquiniste de métier, l’emmène dans un lieu tenu secret. Pour le découvrir il faut être initié. Cet endroit n’est autre que le Cimetière des livres. Daniel doit y en adopter un . Il choisit “L’ombre du vent” qui va bouleverser le cours de sa vie. Une fois commencé on ne peut pas lâcher ce livre de si tôt. Carlos Ruiz Zafon nous raconte une histoire remplie de mystères et de secrets.

Kafka sur le rivage d’Haruki Murakami

Kafka sur le rivageIl peut être difficile de ranger ce roman dans un style, mais on pourrait le qualifier de surréaliste, de fantasmagorique, ou tout simplement dire que c’est pas un roman hors norme. Il nous raconte les voyages de Kafka et Naruto, deux histoires qui vont finir par converger. Kafka s’est enfui de chez lui suite à une malédiction proférée par son père, Naruto de son côté décide de prendre la route sans trop savoir pourquoi. La réunion de leurs deux histoires va finir par nous révéler une certaine vérité à leur sujet.

Rosa candida d’Audur Ava Ólafsdóttir

Rosa CandidaArnljótur est un garçon de vingt-deux ans passionné par les roses. Cette passion lui a été transmise par sa mère, décédée dans un accident de voiture. De manière inattendue, il devient le père d’une petite fille. Malgré cette histoire sans lendemain avec Anna, il assume sa paternité. Arnljótur décide de quitter son père et son frère pour aller redonner vie à la roseraie abandonnée d’un monastère. C’est là-bas, dans un pays loin de chez lui qu’il trouvera peut-être un sens à sa vie. L’auteur nous livre une histoire toute en douceur et avec beaucoup de délicatesse. Un livre rempli d’émotion et facile à lire. Rosa candida est une lecture qui repose l’esprit, une bouffée d’air.

Le dernier Templier de Raymond Khoury

Le dernier templierLors du vernissage de l’exposition sur les trésors du Vatican au MET de New York, quatre cavaliers vêtus du costume des Templiers font irruption. Ils détruisent tout sur leur passage et finissent par voler un drôle d’objet. Sean Reilly, agent du FBI va mener l’enquête à l’aide d’une archéologue.  Un mélange d’action,  de suspense, de faits historiques et d’archéologie, voilà  la recette de cette aventure à la Indiana Jones. On tourne les pages les unes après les autres sans pouvoir s’arrêter. Ce livre dans la lignée de Dan Brown et son “Da Vinci code” est facile à lire et est idéal pour une lecture de vacances.

Bonjour Tristesse de Françoise Sagan

Bonjour tristesseUn classique pour terminer ! Cécile est en vacances sur la Côte d’Azur avec son père . Soleil, plage, farniente, tout se déroule à merveille jusqu’à l’arrivée d’une amie de la famille. Sa présence va chambouler le cours de l’histoire. S’en suivra une fin tragique. Écrit dans les années cinquante, au style très Nouvelle vague, Bonjour tristesse n’a pas pris une ride. Ce livre est tellement bien écrit que l’on du mal à croire qu’il est l’œuvre d’une jeune fille de 18 ans !

Bonnes vacances et bonnes lectures !

“Fensch Toast ? C’est du plaisir avant tout !”

Logo de l’entreprise

Cyril, Alexandre, Thomas, Godeffroy, Quentin et Renaud. Non, ce n’est pas un nouveau boys band, mais bien les membres de la société de productions audiovisuelles Fensch Toast. Issus de la vallée de la Fensch, en Lorraine, cette bande de copains d’à peine 25 ans ont décidés de se lancer dans la production audiovisuelle. Portrait d’une jeune société qui en veut.

Une passion commune

Fensch Toast. Voilà un nom bien particulier. Créée en 2010, cette société est l’aboutissement d’une passion commune d’une bande de copains : l’audiovisuel. Rencontrés en 2005 au lycée à Thionville, en Lorraine, Cyril, Alexandre et Thomas décident de s’unir et de tourner quelques court-métrages. Ils rencontrent Godeffroy, passionné de théâtre, Quentin, photographe et Renaud. Ils forment alors ensemble une équipe qui fait ses propres projets. “On est contents, on est entre nous, on choisit nous-même les projets qui nous intéressent.” explique Cyril, le producteur.
Seulement, tout n’est pas si simple, et ils ne peuvent être éligibles aux subventions audiovisuelles, malgré leur talent. Cyril décide alors de créer l’association Point Zéro, en 2007. “Nous étions bénévoles, c’était chouette. On avait enfin un véritable cadre pour pratiquer, qui nous permettait de faire un peu plus que ce que nous faisions déjà” explique Cyril. C’est d’ailleurs lui qui a proposé à ses camarades de se lancer encore plus loin : “Je suis monté à Paris pour faire des castings et j’ai été pris pour un rôle. J’ai alors vu l’envers du décor. J’ai trouvé ça impressionnant mais pas inatteignable.” Il suffisait, selon lui, de trouver du “matériel adéquat”, puisque les “compétences étaient déjà acquises par l’équipe”. Il a donc proposé aux autres membres du groupe de se lancer en dehors de l’association déjà existante : ils ont tout de suite accrochés et l’ont suivi dans ce nouveau challenge.

Fensch Toast
Fensch Toast

Un nouveau départ

Et qui dit nouveau départ, dit nouveau nom. Pourquoi donc Fensch Toast ? Est-ce que cela signifie quelque chose ? “Et bien, la vallée de la Fensch est un endroit assez connue dans notre région. Et c’est aussi de là que la majorité du groupe vient.” raconte Cyril, sourire en coin. Un rappel aux sources en somme. Et le Toast ? “C’est un jeu de mot qui symbolise le fait de partir d’une matière, de la chauffer et de l’expulser quand le degré adéquat correspond. C’est un clin d’oeil au fait que l’on fonctionne comme ça dans notre société.” rajoute-t-il.
Et le groupe commence fort avec un premier clip réalisé pour le groupe Habstrakt. “Get Funky” réalise plus de 180 000 vues sur la plateforme Youtube. “C’est un véritable coup de poker” raconte Cyril, “Nous n’avions pas les droits sur la musique du groupe mais on s’est tout de même lancé. On a fait une véritable démarche de production : on est à la base du scénario, de la réalisation et du montage. Tout est de Fensch Toast” Le travail fini, ils décident donc de le montrer à l’artiste. Celui-ci adhère alors totalement à l’idée et utilise leur vidéo comme clip officiel ! Un premier pas est franchi pour Fensch Toast.

Ils décident alors de monter leur propre court-métrage. “Geste Commercial” voit le jour en 2012. “C’était une bonne expérience. Bien sur, comme toutes les premières fois il y a du bon et du moins bon.” Geste Commercial, c’est l’histoire de Tom, un jeune homme qui mange tranquillement des pâtes sur son canapé en regardant la télévision. Mais il va voir son quotidien perturbé quand le chef cuisinier, emblème d’une célèbre marque de pâtes, fait irruption dans sa vie. Un combat va alors naitre : il va opposer la marque, la pub et le centre commercial, face au jeune consommateur. “Le scénario ne tenait qu’en deux pages. Mais c’était un véritable plaisir. Quasiment toutes les scènes étaient improvisées !” Ce court-métrage fut d’ailleurs diffusé au cinéma Le Palace de Metz pendant une semaine.

Et la suite ?

“L’objetcif à long terme, c’est que l’on devienne des salariés à temps plein. Nous avons tournés deux productions auto-produites mais nous voulons voir encore plus loin et produire un court-métrage. Nous aimerions avoir le soutien de la région, du Conseil Général…” explique Cyril. Mais en attendant, le groupe continue d’appeler régulièrement des entreprises afin de savoir si elles ont besoin de leur service. “Nous avons récemment tourné une vidéo pour le directeur du festival Passages, Pierre Lescure. Le fait que chacun d’entre nous est une vie en dehors de Fensch Toast permet d’avoir un réseau encore plus large et de développer de nouveaux projets.” Niveau festival, le clip Get Funky a d’ailleurs été sélectionné à la Fédération Française de cinéma et de vidéo. L’occasion de revoir leur travail à Bourges et de se lancer encore un peu plus dans l’aventure audiovisuelle !

Page Facebook de la société
Leur clip, Get Funky

Onishi Yasuaki

Onishi Yasuaki est sculpteur japonais. Il est né à Osaka en 1979  a été diplômé en 2004 de l’université Kyoto. Il a présenté ses œuvres dans différentes expositions solo au Japon, en Europe et aux Etats-Unis.

Ses œuvres reflètent la simplicité et la légèreté des matériaux utilisés, notamment le plastique. Il s’intéresse aux phénomènes invisibles tels que l’air, la gravité et le temps et souhaite transformer l’intangible en tangible!

Onishi Yasuaki
Onishi Yasuaki

Son exposition “Reverse of volume RG”, même si elle date de quelques mois pour la dernière présentation, m’a vraiment marqué et mérite de faire parler d’elle : il a utilisé des bâches en plastique et de la colle chaude noire qui l’a fait couler pour créer des formes qui semble flotter dans l’espace. Onishi appelle le processus “casting the invisible” ou capturer l’invisible. Il utilise des bâches en plastique soutenues d’abord par des boîtes en carton empilées de façon à créer des volumes de différentes hauteurs.

Ensuite, il fait chauffer de la colle noire et la fait couler sur des fils de pèche transparents suspendus au plafond de la galerie jusqu’à ce qu’elle touche les bâches. La colle coulée forme ainsi des filaments de différentes épaisseurs rappelant la toile d’une araignée!

Caputre d'écarn du documentaire d'Onishi Yasuaki réalisé par Marke Angela Walley Image
Caputre d’écarn du documentaire d’Onishi Yasuaki réalisé par Marke Angela Walley Image

Une fois la colle refroidit, il retire les boîtes en carton et les bâches restent suspendues par ces petits filaments noirs.

Les visiteurs peuvent admirer cette oeuvre en marchant en dessous des bâches qui forment ainsi des montagnes inversées. Ils ont une impression de marcher au sein d’une cave.

Reverse Volume RG
Reverse Volume RG

Ce travail a été présenté pour la première fois à la galerie Rice à Houston aux USA en 2012 et tout récemment à la galerie Joyce à Pékin en Chine.

La vidéo de la préparation de l’exposition à la galerie Rice:

Yasuaki Onishi: reverse of volume (RG) from Walley Films on Vimeo.

Onishi a signé en juin en 2013, une vidéo pour le constructeur d’automobile allemand Mercedes Benz. Il a utilisé des bâches qui ont prit la forme de la CLA pour illustrer la pesanteur et les caractéristiques aérodynamiques de cette voiture :

Onishi a gagné plusieurs prix au Japon et à l’international:

  • 2003: Concours d’Epson pour les images en couleur, prix du jury
  • 2004: Net Exhibition, Concours de photo digital, section “Fine art”, prix d’excellence
  • 2005: Concours design de l’Asie du 21ème siècle, 5ème place
  • 2005: Amuse art Jam à Kyoto, Grand prix
  • 2005: Japan Media Arts Festival,  Art Division, 9ème place
  • 2006: Jeans Factory Art Award, 2ème place
  • 2007: The Taro Okamoto Award pour l’art contemporain, 10ème place
  • 2007: La foncation Shuo, 1ère place
  • 2009: Iask Asia Pacific Artists Fellowship National Museum of Contemporary Art Korea
  • 2009: L’institut Kala de l’art
  • 2010:  La fondation Pollock-Krasner
  • 2010: U.S. Japan Award Fellowship, centre de Vermont Studio
  • 2011: La fondation Pola Art

Retrouvez Onishi sur :

Dix albums à écouter cet été

Ca y est, c’est l’été, ce qui signifie de longs trajets sur la route des vacances, du temps à passer avec ses amis, et pour ceux qui en ont la chance, du temps à tuer. Voilà donc une petite liste d’albums à écouter ou réécouter pour l’été. Dans le cas où Deezer ne propose pas ces fameuses galettes, pas de panique, un petit tour par Youtube ou Grooveshark, et tous vos soucis s’envolent.
Ps : ceci n’est pas un classement, les albums sont simplement listés.

1/ Random Access Memories, Daft Punk (2013)

Prévisible. Incontournable. Vous avez le choix. Pourtant, le dernier opus des Daft Punk mérite de s’y attarder. Il faut dire qu’il reste, selon moi, plus accessible que Homework ou Human After All par ses sonorités funk et disco. Les morceaux en featuring avec Pharell Williams sont taillés pour squatter votre mp3. Les autres, comme Giorgio by Moroder ou Touch, se découvrent et s’apprécient avec le temps. Coup de cœur personnel, Instant Crush, avec Julian Casablancas comme invité. La dernière production des deux robots Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo est clairement inévitable.

Nile Rodgers et Pharrell Williams sont présents sur plusieurs morceaux de l'album
Une chose est sûre, le buzz était total avec les extraits de “Get Lucky”.

2/ The 20/20 Experience, Justin Timberlake (2013)

Ce cher Justin Timberlake sait se faire désirer. Sept ans après son dernier album (dont on ne se lasse pas), il revient avec un opus plus long, plus travaillé. Certains morceaux étonnent par leur durée, se révèlent répétitifs, quand d’autres se laissent docilement écouter. Rien que par curiosité, et parce qu’il est d’ores et déjà un des albums de l’année, vous ne pouvez pas passer à côté.

3/ Yeezus, Kanye West (2013)

Tantôt il déçoit, tantôt il est acclamé. Personne n’y est indifférent. Pour ce nouvel album où papa Kanye montre qu’il apprécie sa personne – référence au morceau I Am a God -, c’est une avalanche de beats lourds, parfois trop, qui vous attend. Ajoutez une dose de vocodeur ici et là qui rend le tout vraiment inaudible si vous n’êtes pas d’humeur. Voire carrément insupportable comme sur Blood On The leaves. Oui oui, insupportable. Quelques morceaux sont plus corrects, à l’instar de Black Skinhead. À écouter pour se faire son avis personnel.

4/ The Golden Age, Woodkid (2013)

Pochette de “The Golden Age” de Woodkid. 

Un des phénomènes de l’année musicale française. Et même si tous les morceaux sont en anglais, on peut quand même se faire mousser. Allez, cocorico quoi ! Plus sérieusement, The Golden Age a un côté épique, des compositions dignes d’un orchestre philarmonique, une vraie touche de poésie, et des rythmes surpuissants de tambours. Certains se plaindront tout de même de quelques redondances en avançant dans leur écoute. Il n’en reste que pour un premier album, il est plus que correct, et ne lasse pas le moins du monde. Petit plus pour le bonhomme qui allie vidéos d’exception à ses morceaux.

5/ One, C418 (2012)

Totalement inconnu pour la plupart, C418 est le compositeur des musiques de Minecraft. Son album n’échappe pas à ce style bien reconnaissable. Pour les fans de musique électronique plutôt douce, ou pour ceux qui souhaitent renouveler les musiques du jeu avec des morceaux du même accabit, voici l’album One sur Grooveshark.

6/ The Next Day, David Bowie (2013)

Eh oui, David est encore là. Imaginez un peu que son premier album date de 1967. 46 ans plus tard, l’artiste continue de surprendre, avec un opus sorti de nul part. On reconnaît d’ailleurs la pochette d’Heroes, sorti en 1977, sous le carré blanc. Rien que pour sa carrière, c’est presque un devoir de l’écouter. Pour la musique ensuite, car on retrouve les sonorités propres à Bowie, et surtout sa voix. Côté morceaux à retenir, The Next Day – titre éponyme – ouvre parfaitement l’album. L’album est assez homogène, et donne envie de se replonger dans les premiers opus de Ziggy Stardust.

7/ Jazz, Queen (1978)

Impossible de passer à côté de la nouvelle publicité Visa. Mais si, celle où l’on voit un vieil homme rajeunir au fur et à mesure qu’il se sert de sa carte de crédit, tout en courant vers la maternité. Don’t Stop Me Now résonne tout le long de la pub’. Une bonne raison d’écouter l’album qui va avec. Ainsi, vous pourrez bien réagir quand quelqu’un – qui aura l’air bête à ce moment là – vous sortira la phrase maudite : « Ooh mais si je connais ça, c’est la musique de la pub avec le vieux ! ». Jazz est disponible ici.

8/ Don’t Forget Who You Are, Miles Kane (2013)

Miles Kane est un artiste à retenir.

Miles Kane, c’était un peu une surprise en 2011, avec Colour Of The Trap. Là, le bonhomme revient, toujours avec un son rock entraînant, et surtout une voix reconnaissable tout de suite ! Son premier album était un vrai succès, et le deuxième en est le digne successeur. Les morceaux sont bien montés, mais parfois un peu courts : aucun morceau n’atteint les 4 minutes, et l’album dure tout juste 32 minutes. Dommage, car on en redemande plus ! Mention spéciale au premier titre, Taking Over, qui fait figure de morceau phare.

9/ The Doors, The Doors (1967)

Aujourd’hui est le 42e anniversaire du décès de Jim Morrison. Une bonne raison comme une autre de revenir vers le disque qui a lancé le succès des Doors. Bardé de classiques, les onze morceaux sont juste excellents. L’album est difficilement critiquable. Encensé depuis sa sortie, il est désormais un des albums de rock les plus reconnus au monde. Vous pouvez aussi vous amuser à reconnaître certains morceaux, entendus dans des spots publicitaires, ou dans des films comme Apocalypse Now pour le morceau The End. Merci Grooveshark !

10/ Red, Taylor Swift (2012)

Eh oui. Il n’en plaira pas à tout le monde, pourtant la jeune chanteuse a réalisé plusieurs records de ventes avec son quatrième album. Meilleures ventes lors de la première semaine depuis 2002 (et Eminem avec The Eminem Show) et deuxième meilleur démarrage pour une artiste féminine (derrière Britney Spears en 2000). Ses six millions d’albums vendus parlent pour elle. Et côté artistique, on retrouve de nombreuses balades, entre pop et… pop. L’album surprend, s’écoute agréablement, parfait pour l’été. Notez que Taylor Swift, seulement âgée de 23 ans, connaît un grand succès outre-Atlantique depuis ses 17 ans. Rien que ça. Vous pourrez aussi mettre fin aux préjugés – dû surtout au fait qu’elle est encore moyennement connue en France – et vous forger votre propre avis sur Red, tout bénéf quoi !

Ps: tous les albums où le lien n’est pas indiqué sont disponibles sur Deezer. Facile à trouver quoi.

Rémy Saglier : la composition et l’émotion comme éléments fondateurs de la photographie.

Né à Saint-Denis, Rémy Saglier a commencé ses études d’ingénieur en Mathématiques Appliquées à Paris et les a terminées à Nice.

Cet artiste est venu à la photo de manière très progressive. Attiré avant tout par le montage photographique, son travail se caractérise par un contraste noir et blanc très marqué qui lui permet de véhiculer des émotions fortes.

Rémy Saglier, portrait
Rémy Saglier

Analyze Thiz : Lorsque on se penche sur votre travail on se rend compte que la mer est un thème récurrent dans votre travail.

Rémy Saglier : En effet, la mer est omniprésente dans mes images, c’est un thème très important pour moi. D’ailleurs, il vient de m’arriver quelque chose d’incroyable. Le dictionnaire des symboles m’a récemment été offert. Tout naturellement, j’y ai cherché la symbolique de la  mer. J’ai été agréablement surpris de voir que les deux premiers paragraphes décrivaient mes deux dernières séries photographiques. Le premier symbole est celui du choix. J’ai effectivement réalisé une série de clichés sur les différents possibles et les cheminements vers le réel.  Dans le deuxième paragraphe on peut lire que les Grecs sacrifiaient des chevaux et des taureaux à la mer ; c’est ce qu’on retrouve dans la dernière série de photographies que j’ai réalisées. C’est vraiment un concours de circonstances incroyable.

Ma méditerranée a débordé
Ma méditerranée a débordé

La plupart de vos clichés sont des montages photos. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette démarche ?

Le « labo noir et blanc » est ma formation d’origine, c’est une école assez rigoureuse. Je faisais déjà des montages à l’époque de la photographie argentique. Il m’arrivait de passer une journée entière à faire un montage, en bricolant des masques incroyables. Aujourd’hui je travaille mes clichés avec un logiciel de retouches d’images.  C’est ce qui m’a intéressé depuis le début, c’est-à-dire faire de la composition d’image, faire du trucage ou du faux trucage, ou encore un trucage qui n’en a pas l’air.  Les photographies truquées sont parfois des photos des plus authentiques. Voir les personnes en interrogation devant une image est très intéressant. C’est une démarche qui peut-être critiquée, mais pourquoi ne pas intégrer ces nouveaux outils et leur donner leur lettre de noblesse ? Je retravaille les images parce que je veux y mettre en évidence ce que j’ai vu et pas forcément ce que j’ai pris.

La composition me passionne et surtout le décalage par rapport à l’idéal, où le regard est emporté par la composition. Parfois les images n’ont aucun intérêt, mis à part le fait d’être idéalement composées.

Le côté technique est ce qui m’intéresse le moins dans la photographie. Je ne vais pas m’attarder sur la mise au point,  la profondeur de champ, je préfère travailler sur l’émotion. C’est le regard qui prime dans les photos qui véhiculent une émotion. J’ai commencé par apprendre toutes les techniques photographiques. Puis j’ai eu l’impression d’avoir fait mes gammes et je me suis rendu compte qu’il fallait que je passe à autre chose, de façon naturelle j’ai donc lâché tout ce qui était la norme et je me suis mis à masquer outrageusement certaines parties de l’image.

Portrait à l'aigle
Portrait à l’aigle

Vos photos offrent au regard un contraste très fort, pourrait-on dire que c’est là votre  marque de fabrique ?

Le fait que la photo soit très contrastée représente un réel plaisir pour moi. Je cherche à ce qu’une partie de l’image soit cachée pour que l’œil soit attiré vers l’endroit où je veux le mener, mais tout en gardant toujours des détails dans les blancs. Je cherche vraiment à provoquer une émotion : le noir et blanc est ce qui touche le plus. Cela permet de se concentrer sur ce que véhicule l’image, mais aussi d’enlever un certain réalisme.

Premier de cordée
Premier de cordée

Que vous apporte la photographie ?

La photographie me permet de vivre en permanence dans un monde parallèle. Je cherche toute la journée des images dans le monde qui m’entoure. Cela permet d’ajouter un filtre un peu plus sympathique à la réalité de la vie. J’aime raconter des histoires. La photographie est un des plus beaux moyens pour raconter des histoires à l’œil, à l’intelligence, à la poésie.

J’ai toujours vu des choses extraordinaires partout. Une image me happe et m’entraîne dans son univers. Je me raconte des histoires en permanence. Je pense que dans la photographie on retrouve ce sentiment de déjà vu que l’on a quand on est enfant.  Cette espèce d’imprégnation collective qui resurgit sur une image de temps en temps. On a presque l’impression d’avoir vu l’image, l’impression qu’elle nous parle, elle comporte quelque chose qui fait appel à l’enfance, qui n’a pas forcément de sens immédiat. La personne qui la regarde peut, petit à petit, se projeter et l’interpréter à sa façon. C’est pourquoi je travaille beaucoup par analogie.

Vous travaillez en ce moment sur un projet dont le thème est la bande dessinée.

C’est vrai. Je voudrais faire de la bande dessinée à partir de photos. C’est quelque chose qui n’a pratiquement jamais été fait et qui a été très peu exploré. Ce projet représente le saint graal pour moi. Ce serait une narration en photo située entre Bilal, le roman noir, le surréalisme et la série B. L’objectif est de créer une vraie bande dessinée qui serait à la fois lisible et artistique. J’ai envie de faire ressortir quelque chose de très graphique et de très dépouillé grâce au contraste. J’y pense depuis plus d’un an et je suis déjà en train de travailler sur ce projet.

Vous pouvez retrouver Rémy Saglier sur le web :

The Bling Ring : cambriolages de luxe

Sorti le 12 juin dernier, The Bling Ring, le dernier film de Sofia Coppola reprend l’histoire d’une série de cambriolages dans des maisons de stars organisée par une bande d’adolescents aux Etats-Unis entre 2008 et 2010. Analyze Thiz est allé voir ce film pour vous et voici ce qu’on en pense !

Une histoire vraie

Reprenons tout depuis le début. Eh oui, Sofia Coppola n’a pas inventé le scénario du siècle – si scénario il y a, mais nous verrons cela plus tard – : The Bling Ring reprend tout simplement l’histoire d’une bande d’adolescents qui a dérobé pas moins de trois millions de dollars de vêtements, bijoux ou autres accessoires de luxe, entre 2008 et 2010 aux Etats-Unis. Et c’est le célèbre magazine américain Vanity Fair qui révèle l’affaire dans un article publié en 2010, intitulé “The Suspects wore Louboutins”. De quoi forcément attirer les regards.
L’histoire de The Bling Ring c’est donc celle de Marc, un jeune homme pas très bien dans sa peau, qui débarque dans son nouveau lycée bourgeois de Californie. Il y fait la connaissance de Rebecca et ses copines, une bande de jeunes filles un peu délurées, qui ne pensent qu’à s’éclater et devenir des stars. Et ce groupe d’adolescents, fascinés par les people, va se lancer naïvement dans une série de cambriolages de résidence de célébrités à Hollywood… A leurs risques et périls. Certains des protagonistes verront en effet le film retraçant leur histoire depuis leur cellule. Dommage, eux qui rêvaient d’être sous la lumière des projecteurs se retrouvent désormais à l’ombre…
Mais intéressons-nous plus particulièrement au film de Sofia Coppola.

Rythmé, mais sans vrai scénario

Étonnant me diriez-vous. Il est vrai que Sofia Coppola nous a habitués à des scénarios bien plus échafaudé que celui de The Bling Ring. Les exemples de Virgin Suicides en 1999 ou encore de Lost in Translation en 2004, oscarisé dans la catégorie Meilleur scénario original sont là pour en témoigner. Pourtant ici, nous nous retrouvons face à un film plein de clichés. Jeunes gens en boîte de nuit ivres et sous effet de cocaïne ou autre drogue; filles complètement gaga de mode et suivant avec avidité les dernières news de leurs peoples préférés… Tout ceci ne forme qu’un gros stéréotype d’une jeunesse américaine qui ne vit que pour, et à travers, leurs stars favorites. Mais où veut-on en venir ? Je ne peux malheureusement répondre à cette question. Ce film met simplement côte à côte des tas de scènes similaires : les cambriolages se suivent et se ressemblent, sans vraiment créer de lien, ou tout simplement, de scénario… Et c’est justement ça que l’on reproche à Sofia Coppola : il n’y a aucun véritable scénario derrière ce film. L’histoire et les personnages restent vides, sans grand intérêt.
Mais bon point à souligner : on a ri. Pas tout le temps, certes, ce n’est pas une comédie, mais il n’empêche que ces gros clichés nous ont fait rire. Au début. Ensuite, cela devient vite lassant, malheureusement. Alors côté positif, il vaut mieux souligner le fait que ce film est tout de même assez rythmé. On suit les aventures de ces adolescents à un rythme effréné avec des musiques qui nous mettent bien dans l’ambiance. Sonorités hip-hop et électro, bien en accord avec ces jeunes personnages, on y retrouve donc notamment Kayne West ou encore Lil Wayne ou M.I.A… Un plaisir donc pour les oreilles, à défaut d’une histoire “profonde”. La pâte Sofia Coppola est bien présente.

Quelle prestation pour les acteurs ?

Un scénario absent donc, mais une révélation au niveau des acteurs tout de même : palme donc pour le jeune Israel Broussard, qui incarne le naïf Marc. Seul rôle ayant véritablement une profondeur, le jeune acteur arrive ainsi à incarner son personnage de manière authentique. Mais ce n’est malheureusement pas le cas du reste de l’équipe. Personnages vides, sans profondeur, ils sont un peu à l’image du scénario. Deuxième exception peut-être pour Emma Watson, mondialement connue pour son rôle dans la saga Harry Potter, qui crève l’écran en interprétant Nicki. Seulement voilà, malgré mon profond respect pour cette actrice – que j’adoooore, oui Emma je t’adoooore ! – cette interprétation sonne rapidement faux. Surjouée ? Peut-être pas tant que ça, si on s’intéresse d’un peu plus près à la véritable Nicki, qui semble réellement insupportable, et à l’image de ce qu’Emma Watson nous propose. Oui mais voilà, tout le monde ne fait pas comme nous, à fouiner partout à la recherche d’infos et c’est donc malheureusement sur une impression de fausseté que le spectateur retiendra la prestation de notre jeune Hermione. Dommage…

The Bling Ring n’est donc sans doute pas le film de l’année, mais reste appréciable pour une soirée entre filles avec de la bonne musique, comme le souligne ce clip.  M.I.A – Bad Girls, un des extraits du film The Bling Ring